Sophie Wilmès sur l'arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche: "Les Etats-Unis ont un agenda et ils le garderont"

La passation de pouvoir entre Donald Trump et Joe Biden a lieu ce mercredi 20 janvier 2021. Dans ce contexte, qu’attend la Belgique de l’Amérique du nouveau président ? Sophie Wilmès, vice-Première ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes (MR) attend "beaucoup et pas grand-chose". Elle attend cependant du changement dans l’approche : "Peut-être plus de prédictibilité, peut-être aussi une approche qui est plus axée sur la coopération internationale (le multilatéralisme)". Mais celle qui était la Première ministre il y a encore une centaine de jours, n’attend pas grand-chose sur le fond : "Les Etats-Unis ont un agenda et ils le garderont".


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Multilatéralisme

Donald Trump était-il un danger pour le multilatéralisme ? La ministre des Affaires étrangères admet que le président américain sortant n’était pas friand du multilatéralisme. "Il a cru préférable travailler de manière bilatérale dans une espèce de diplomatie d’échange : je te donne ceci, tu me donnes cela". Pour Sophie Wilmès, si cela peut peut-être permettre d’engranger des résultats rapides, cela peut aussi amener à oublier tout ce qui tourne autour : "Ca peut avoir des effets domino assez désagréables".

L’Amérique aux côtés des Européens

Le changement de président va-t-il amener l’Amérique à se retrouver à nouveau à côté des Européens ? Est-ce la fin des guerres commerciales entre les Etats-Unis, l’Europe et la Chine ? Pour répondre, Sophie Wilmès est revenue sur la présentation de la politique commerciale des Etats-Unis de la nouvelle secrétaire au Trésor, Janet Yellen pour qui le point de vue sur la Chine restait totalement le même et donc : "Il est assez dur, il est assez rude, mais que pour l’approcher de manière économique, elle voulait que les Etats-Unis se rapprochent de leur allié, se rapprochent de l’Europe, pour pouvoir faire cause commune dans des difficultés économiques".

Les dossiers majeurs

Quels seraient les dossiers à traiter par Joe Biden en priorité ? Pour la vice-Première ministre, il y a l’accord de Paris pour lequel Joe Biden s’est engagé à signer son retour dans l’après-midi de son investiture. Mais il y a beaucoup d’autres dossiers multilatéraux à rappeler Sophie Wilmès. Parmi ceux-ci : le dossier sur le nucléaire iranien, de la Cour pénale internationale, l’approche vers l’OMS (l’Organisation mondiale de la santé), l’OMC (l’organisation mondiale du commerce) : "Il y a énormément de forums internationaux dans lesquels les Etats-Unis jouent un rôle majeur et là on les attend à nouveau évidemment".

Les F-35

La Belgique a acheté des avions de combat F-35 aux Etats-Unis. La question des retombées économiques se pose encore alors que les Américains misent déjà sur un autre avion plus évolué. Joe Biden va-t-il faire évoluer ce dossier ? Sophie Wilmès explique que ce dossier sera abordé lors de la prochaine visite aux Etats-Unis, mais aussi dans les relations bilatérales. Concernant les retombées positives : "Les choses ont l’air de se mettre en place, en tout cas bien plus positivement qu’il y a quelques mois […] et nous continuerons à parler avec les Américains, non seulement sur les retombées économiques, mais aussi, et surtout sur toute notre approche commune et sécuritaire".


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La pandémie de Covid-19

Autre sujet qui rythme l’actualité ces jours-ci, la lutte contre le Covid-19 et les variants du virus. Un comité de concertation doit se réunir dans deux jours pour décider de nouvelles mesures, notamment sur les déplacements à l’étranger. Comment arrêter le virus aux frontières ? La ministre des Affaires étrangères rappelle que cela n’est pas simple du fait notamment des relations avec nos voisins et qu’il y a beaucoup de voyages transfrontaliers. Sans oublier que la Belgique est aussi une capitale européenne de la diplomatie et des entreprises.

Mais au niveau des dispositifs et règlements, "quand vous les analysez, vous rendre compte qu’il y a certaines choses qui peuvent être renforcées". Sophie Wilmès pense ici, par exemple, à la disposition prise hier par le ministre de la Santé, Franck Vandenbroucke où si vous ne vous faites pas tester au retour d’une zone il y aura une amende de 250 euros. Il y a d’autres pistes de réflexion, comme le temps que l’on peut rester dans le pays sans se mettre en quarantaine. "Quand vous créez des obstacles à la réalisation d’une action, ce n’est pas pour embêter les gens, c’est pour avoir comme résultat une amélioration sanitaire".


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