Sophie Wilmès répond à l'opposition sur le budget: "Ce n'est pas un naufrage"

Chaque année, le comité de monitoring, composé d'experts censés établir des prévisions et analyser les résultats, se penche sur le budget. Selon lui, le gouvernement devra trouver entre 700 millions et 1,4 milliard d'euros supplémentaires pour tenter d'équilibrer le budget de 2019. À l'aube du conclave budgétaire, la ministre du Budget, Sophie Wilmès, fait le point dans Matin Première.

"Comme tous les ans, nous nous retrouvons face au contrôle budgétaire. Cela se passe à cette période-ci car on élabore l'initiale de l'année 2018 au mois de juillet de l'année précédente. Neuf mois se sont donc écoulés et certaines données macro-économiques ont changé." L'heure est donc à l'état des lieux.

Premier constat : partant d'un déficit nominal de -3,1% en 2014, la Belgique clôture l'année 2017 avec une nette amélioration et remonte à -1%. Deuxième constat : ces efforts ne seraient pas suffisants étant donné qu'ils devraient encore grimper à 700 millions minimum, 1,4 milliards idéalement.

La question est donc simple : quelle stratégie le gouvernement va-t-il mettre en place afin de renflouer les caisses sans pour autant vider le portefeuille du contribuable ?

Pour l'opposition, il y a tromperie budgétaire

Sophie Wilmès veut d'abord expliciter le rapport du comité de monitoring : "De base, ce qui était prévu, c'était un déficit de 3 milliards pour 2018. Là on passerait à 4,5 milliards. La différence en dépense directe c'est 576 millions, mais il y a des corrections de passage qui sont des corrections techniques qui imputent et aggravent le différentiel et on arrive à 1,4 milliard." Parmi ces fluctuations, 340 millions de dépenses primaires et d'allocations ou encore, une forte augmentation liée aux pensions.

Des variations tant positives que négatives, qui obligeront le gouvernement, dans son ensemble, à déterminer les objectifs ainsi que les efforts à fournir.

À la vue des résultats, l'opposition s'emballe et va jusqu'à parler de tromperie budgétaire. Ce à quoi la ministre répond : "Comme d’habitude l'opposition est caricaturale dans son approche budgétaire. Quand on regarde les résultats confirmés par le monitoring, nous sommes au niveau le plus bas jamais atteint de ces dix dernières années, je n'appelle pas ça un naufrage budgétaire." 

Reste à savoir qui va payer l'addition. Si la ministre du Budget ne peut pas affirmer avec certitude que les taxes n'augmenteront pas, elle martèle qu'il n'est plus question de continuer à faire des réductions drastiques dans les dépenses publiques. "Nous travaillons sur deux axes parallèles. D'une part la relance économique et, d'autre part, l'assainissement budgétaire. Ce qui est important c'est l'équation entre ces deux aspects. Si vous avez une démarche budgétaire trop austère, vous mettez à mal la relance économique."

Bien que Sophie Wilmès juge l'équilibre budgétaire important, elle préfère tout de même garantir de continuer à travailler à cet assainissement de façon raisonnable. "Nous y sommes arrivés en grande partie, mais ce n'est pas terminé."

Et l'Europe dans tout ça?

Si les chiffres attestent des progrès, ceux-ci ne restent pas suffisant pour l'Europe. "Je pense qu'elle est aussi consciente de toutes les réformes structurelles que nous avons mis en place pour assurer les finances de notre état à long terme", précise la ministre. Contenter l'UE d'accord, mais pas aux dépens de la responsabilité que le gouvernement a vis-à-vis des citoyens.

S'ajoute également l'épineuse question du coût du Brexit. On parle d'ores et déjà de 800 millions à 2,2 milliards par an que la Belgique va devoir apporter en plus. "Il faut remettre les choses en perspective. Quand on parle de 800 millions, on parle de la conséquence mathématique de la sortie du Royaume-Uni puisque c'était un contributeur net. Rien ne dit que c'est comme ça et à cette hauteur là que nous compenserons le Brexit. La Commission Européenne est venue avec un menu qui coûterait 2,8 milliards, mais, attention, quand on vous propose un menu il ne faut pas pour autant manger toute la carte !"

En guise de conclusion, Sophie Wilmès rappelle la responsabilité du gouvernement vis-à-vis de ces citoyens : "Je dis oui au budget européen, oui à plus de valeur ajoutée, oui au nouveau souffle, mais nous devons toujours garder à l'esprit que tout l'argent que l'on met en plus, c'est de la poche du contribuable que cela sort".

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