Carnaval d'Alost : de nombreuses réactions négatives dans le monde politique

Photo prise ce dimanche à Alost
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Photo prise ce dimanche à Alost - © JONAS D'HOLLANDER - BELGA

Les représentations de la communauté juive au carnaval d'Alost "portent préjudice à nos valeurs ainsi qu'à la réputation de notre pays", a réagi dimanche dans un communiqué la Première ministre Sophie Wilmès.

La Belgique est une démocratie "fondée sur des libertés fondamentales dont fait partie la liberté d'expression", rappelle Mme Wilmès. "Cette valeur implique notamment la liberté de critiquer, de blasphémer, de caricaturer."

Cependant, "cette liberté évolue dans un cadre légal précis qui vise à protéger les individus du racisme, de l'antisémitisme et des autres discriminations", nuance la Première ministre. "Il revient donc aux institutions compétentes et à la justice de déterminer si les faits qui se sont déroulés pendant le carnaval enfreignent la loi."

"L'utilisation de stéréotypes, de référents stigmatisant des communautés, des groupes humains sur base de leurs origines conduit aux divisions et met en péril le vivre ensemble. A fortiori, quand il s'agit d'actions conscientes et répétées", conclut Sophie Wilmès.

Dans un communiqué arrivé un peu plus tard, le président du parti de la Première ministre y va de sa propre réaction. Le MR "a toujours été Charlie", postule d'abord le texte envoyé par Georges-Louis Bouchez. Bien que "l'immense majorité des chars" du cortège de dimanche "était tout à fait dans l'esprit d'un carnaval, l'un d'entre eux n'avait pas pour vocation l'humour mais cristallisait l'ensemble des références antisémites: des juifs assimilés à des fourmis ou à des SS, dictant leur loi aux organisations internationales comme l'Unesco grâce à leur puissance financière, le tout ponctué de nez crochus", déplore le parti libéral, qui estime que "raviver" ainsi "les stéréotypes antisémites et discriminants" ayant mené à un génocide n'est pas "drôle".

DéFi: "Relents proprement antisémites"

DéFI parle de son côté d"un certain nombre de chars aux relents proprement antisémites". "Un certain nombre d'images en provenance d'Alost ressemblent à s'y méprendre aux images des carnavals qui se sont déroulés dans l'Allemagne nazie à partir de 1933", abonde le parti amarante, qui dénonce ce qui ressemble désormais à "un véritable acharnement" de la part du carnaval, vu la polémique déjà suscitée l'an dernier. Selon DéFI, il y a bien eu propagation via le carnaval "de l'incitation à la haine", ce qui devrait être sanctionné.

Plus tôt dans la journée, dans l'émission De Zevende Dag (VRT), l'ambassadeur israélien en Belgique Emmanuel Nahshon avait appelé à une réaction du gouvernement fédéral, taxant le bourgmestre d'Alost Christoph D'Haese d'"hypocrite".

Jan Jambon "n'est pas pour la censure"

Jan Jambon (N-VA), qui avait déjà par le passé jugé que les caricatures juives de l'an passé n'auraient pas dû être utilisées dans le contexte du carnaval d'Alost, a répété dimanche au micro de VTM qu'il n'est pas pour la censure. Il a fait un appel à "également rire d'autres après cette année".

Philippe Close (PS) : "Il est temps qu'Unia fasse son boulot"

Philippe Close, bourgmestre socialiste de Bruxelles, a quant à lui fustigé via Twitter une "obstination dans l'erreur" de le part de certains carnavaliers, qui "tourne au ridicule et à l'injure". "Cela donne une image calamiteuse de la Belgique et de la Flandre. L'humour de certains reste incompréhensible", ajoute-t-il, jugeant qu'il est "temps" qu'Unia fasse son boulot. Un même appel au centre interfédéral pour l'égalité des chances est d'ailleurs émis par DéFI.

A l'automne dernier, cette institution publique indépendante chargée de lutter contre la discrimination avait publié un rapport analysant la problématique du carnaval et des limites légales à la liberté d'expression. Elle rappelait dans ses conclusions que selon la jurisprudence, "il est autorisé d'utiliser sa liberté d'expression pour choquer, inquiéter ou offenser", et avait plaidé pour un dialogue ouvert entre les carnavaliers et les communautés se sentant offensées. L'instance proposait aussi comme une des pistes de solution de mettre sur pied au niveau local "un travail de sensibilisation pour rendre le carnaval plus inclusif".

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