Sophie Wilmès: « Le budget de la justice a augmenté, mais pas suffisamment »

Sophie Wilmès, ministre du Budget, candidate MR à la Chambre, est l’invitée de ce mardi matin. L’occasion pour elle de revenir sur l’actualité judiciaire du moment, dont ce féminicide à Anvers.

L’homme arrêté ce lundi pour l’assassinat d’une étudiante ce week-end à Anvers avait été condamné pour viol à quatre ans de prison en première instance, mais cette condamnation n’a pas été suivie de son arrestation immédiate et la procédure en appel traînait.

« Je veux d’abord souligner l’ignominie de ce drame et avoir une pensée émue pour les familles et les proches de Julie, il faut commencer par cela. Ce n’est pas mon rôle de porter un jugement sur les raisons qui ont fait que la justice a décidé de relâcher cette personne alors qu’elle avait été condamnée pour viol, un récidiviste donc. On peut se poser la question de comment cela se fait qu’un récidiviste condamné pour les mêmes faits soit en liberté. On sait aussi que cette personne avait interjeté appel de son jugement et cela prend du temps à s’inscrire dans une réalité. Mais, je ne comprends pas qu’on ne le prive pas immédiatement de liberté. »

Manque de moyens dans la Justice ?

Hier à la télévision flamande, Koen Geens, le ministre de la justice, a dit aussi éprouver des difficultés à comprendre pourquoi le suspect était en liberté, mais « ce n’est pas parce que je ne comprends pas cela que je ne dois pas l’accepter, en tant que ministre de la Justice dans un Etat de droit ».

« Koen Geens avait mis en place un système pour réduire l’arriéré judiciaire, un système où l’on juge certains faits avec un seul juge au lieu de trois juges. Malheureusement à Anvers, il n’a pas été fait appel à ce système aggravant ainsi l’engorgement de la justice. On peut aussi alors se poser la question de savoir pourquoi, alors qu’une solution est possible pour désengorger la justice on ne fait pas appel à cette solution ? Il faut mettre les moyens de la justice à plat pour allouer au mieux les budgets, objectiver la charge de travail et travailler en collaboration avec les magistrats et non les uns contre les autres. De manière générale les budgets de la justice ont sans cesse augmenté, mais pas suffisamment et les cadres ne sont remplis qu’à 90%, c’est une réalité. Mais il n’y a pas de tabou au MR pour réévaluer les moyens nécessaires. Mais il ne faut pas toujours voir les problèmes uniquement sous l’angle pécuniaire, il faut aussi parler de l’efficience, il faut une cartographie précise du secteur pour objectiver la charge de travail. »

Budget 2019

L’équipe de Charles Michel a-t-elle plombé les finances, comme le dénonce l’opposition, rendant compliquées les promesses électorales de tous les partis ?

« La vérité c’est très simple, c’est la vérité des comptes. Les comptes c’est quoi ? C’est en 2018 un déficit divisé par 4 au niveau nominal et par 3 au niveau structurel et ça, c’est la vérité des comptes. Cela veut dire qu’on est à 3 milliards de déficit, alors qu’on était à 12 milliards en début de mandat. On a donc fait les trois quarts du chemin. L’équilibre n’est pas une fin en soi, on doit faire un budget qui est porté par la dynamique économique, on doit d’abord travailler sur cette dynamique économique. Nous avons fait les trois quarts du chemin et participé à créer les conditions pour la création de 230.000 emplois et nous avons augmenté le pouvoir d’achat des gens. »

Embellie pour la suite?

« Je veux être très honnête, nous avons un problème de vieillissement de la population en Belgique, chaque année nous devons ajouter 1,7 milliard à un budget pension déjà de 44 milliards. 1.7 milliard c’est le budget de la justice, tous les ans. Ceci est un défi majeur qui ne se résorbe pas d’un coup de baguette magique. Il faut pour cela continuer à réformer, travailler sur l’efficience des dépenses et la relance économique et, ce travail, j’espère que nous pourrons le continuer dans le temps. »

Défiscaliser les heures supplémentaires des profs?

« Le décret titre et fonction dans l’enseignement a créé une pénurie de professeurs et une situation chaotique. Des milliers d’enfants se retrouvent avec des heures de fourches. Donc, des heures sans enseignement sur les apprentissages de base. Si un professeur décide, par lui-même de prendre des heures supplémentaires, donc hors de son temps plein, pour remédier à ce problème, je trouve que cela doit être récompensé. Pour cela donc le MR propose un avantage fiscal pour les enseignants qui accepteraient de travailler plus et cela même si c’est une mesure prise au niveau fédéral, alors que l’enseignement est une matière communautaire. »

 

 

 

 

 

 

 

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