Sophie Wilmès: "Avec un gouvernement en affaires courantes, difficile de prendre de nouvelles mesures pour réduire le déficit budgétaire"

Selon les dernières prévisions du Bureau du Plan, le déficit budgétaire de la Belgique atteindra 7 milliards en 2019 et 9,6 milliards d’euros en 2020. C’est 2% du produit intérieur brut belge. Le déficit serait alors trois fois plus élevé qu’en 2018. Pour Sophie Wilmès, la ministre sortante du budget, le gouvernement "avait annoncé que la trajectoire budgétaire a une tendance naturelle à se détériorer, entre autres, à cause des coûts du vieillissement. Ce qui s'est passé, entre l'annonce du gouvernement où ils avaient annoncé une détérioration de la trajectoire pour 2020 et 2021, est que la croissance a diminué car le contexte international a changé et que le gouvernement n'a pas pu faire de conclave budgétaire en mars. La situation a donc tendance à s'aggraver."

Le gouvernement de Charles Michel n'aurait-il pas alors anticipé cette augmentation du déficit ? "Ce qui a changé est à quel point la trajectoire se détériore. Mais, en l'absence de conclave budgétaire, nous n'avions pas nos propres prévisions. Or, je pense que si nous avions nos propres prévisions, elles seraient différentes. Nous avons toujours dit que le Bureau du Plan avait son propre modèle, et que son modèle est en général plus pessimiste que le nôtre. Cela veut-il dire qu'il n'a aucune détérioration à laquelle il faut s'attendre? Non. Bien sûr qu'il y en a une. Nous l'avons toujours dit !"

"Chaque fois que nous avons indiqué un objectif budgétaire, nous l'avons atteint"

D'après la ministre libérale, il faut accepter que la situation se détériore, dans la mesure où en l'absence de gouvernement majoritaire, il est difficile de prendre des mesures supplémentaires pour réduire ce déficit. Toutefois, "chaque fois que nous avons indiqué un objectif budgétaire, nous l'avons atteint, estime-t-elle. Ce n'est pas pour rien que nous avons pu diviser le déficit par 4. La leçon est donc de dire qu'il faut impérativement qu'un gouvernement se mette en place."

Un déficit de 9 milliards en 2020, ce n'est quand même pas rien. Il faudra donc faire de nouvelles économies. Comment? Et est ce que cela signifie de nouveaux impôts pour la population? "Au lieu de décider de coupes linéaires au niveau des budgets, on va analyser le budget en termes coûts-efficacité. C'est une approche budgétaire qui n'exclut pas de nouveaux impôts mais qui s'occupe d'abord du budget des dépenses avec une approche différente et sur lequel on se rend compte qu'on peut trouver une partie de la solution."

cdH dans l'opposition: "Le MR reste concentré sur le projet"

Sophie Wilmès s'est aussi exprimée sur le choix du cdH de se placer dans l'opposition. Cela ouvrirait donc le champ pour que le MR monte en majorité. Mais, pour les libéraux, intégrer les majorités, que ce soit en Wallonie ou à Bruxelles ne se fera pas à n'importe quel prix. "Nous restons focalisés sur le projet que nous voulons mener dans les gouvernements. Et c'est un projet d'abord socio-économique (pouvoir achat, climat,...). Nous verrons ce qui est important pour les partis et sil y a des points de convergence. Et l'addition de ces points de convergence doit correspondre à un projet dans lequel on croit."

Enfin, le MR n'exclut pas de discuter avec la N-VA au gouvernement fédéral. "Pour le MR, la N-VA reste un partenaire démocratique avec lequel il faut pouvoir discuter et de nouveau, voir les points de convergence possibles."

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