Sommet de lundi: les chefs d'Etats seront-il transportés par hélicoptère ?

L'organisation du sommet est un vrai casse-tête
L'organisation du sommet est un vrai casse-tête - © RTBF

Les hélicoptères de la Défense sont mobilisés par le gouvernement à l'occasion du sommet européen de ce lundi. Serviront-ils à transporter les chefs d'Etat vers Bruxelles, afin d'éviter les inconvénients de la grève? "No comment", répondent Elio Di Rupo et le centre de crise de l'Intérieur.

Comment concilier une grève générale et un sommet européen? La réponse est: avec les gros moyens. Le ministère de la Défense a été chargé d'étudier toutes les pistes pour que les chefs d'états européens puissent rejoindre le conseil européen à Bruxelles ce lundi. On peut parler d'un casse-tête, surtout évidemment si Brussels Airport est touché par la grève. 

Des hélicoptères Seakings feront donc peut-être un véritable ballet aérien dans le ciel bruxellois lundi. Le gouvernement belge a en tout cas demandé à l'armée de lui fournir des hélicoptères en suffisance. Ceux-ci pourraient servir à transporter les chefs d'Etats depuis la base militaire de Florennes vers celle de Beauvechain, où les attendraient leur escorte pour les conduire au sommet européen. 

Délégations héliportées?

Mais, au cas où les routes sont totalement bloquées, la solution pourrait être d'héliporter les délégations vers le QG de la police à Etterbeek, ou bien vers Evere. Le tout avec le soutien logistique des pompiers de Kleine-Brogel.

Quant à la base de Beauvechain, elle sera opérationnelle dimanche. Mais pas pour accueillir les chefs d'Etat, parce que les équipes de la Sûreté ne peuvent pas être à la fois à Zaventem et à Beauvechain. Or la priorité est mise sur Zaventem, parce que certaines délégations ont prévu d'arriver avant le début de la grève par des vols commerciaux.

Cela dit, les chefs d'Etats pourraient aussi arriver dimanche à Zaventem et, pendant qu'ils iront à Bruxelles en voiture, leur avion ira les attendre à Beauvechain, d'où ils repartiront lundi après le sommet mais avant la fin de la grève.

A Beauvechain, où ce genre d'animation n'est pas habituel, il a été prévu de renforcer la sécurité avec un peloton de para-commandos. Selon nos informations, il n'est toutefois pas encore question de faire appels aux chars pour permettre aux chefs d'états d'arriver au conseil européen.

"No comment" d'Elio Di Rupo et du centre de crise

Le centre de crise du ministère de l'Intérieur a refusé vendredi, tout comme le Premier ministre Elio Di Rupo, de confirmer ou de démentir le choix de l'option d'un recours à la base aérienne de Beauvechain pour accueillir les chefs d'Etat et de gouvernement européens attendus lundi pour le sommet extraordinaire convoqué en pleine grève générale en Belgique, "Je ne peux ni confirmer ni démentir", a affirmé le directeur général du centre de crise du Service public fédéral (SPF) Intérieur, Jaak Raes, à l'agence Belga, en se refusant de révéler - notamment pour ne pas permettre aux grévistes de bloquer les délégations étrangères - les options existantes pour permettre aux dirigeants des 27 de rejoindre le lieu du sommet, le bâtiment du Juste Lipse, situé Rond-Point Schuman, dans le quartier européen de Bruxelles.

Le Premier ministre, Elio Di Rupo (PS), a abondé dans le même sens en assurant ne "pas être autorisé" à fournir des informations sur le sujet - notamment en raison de l'opposition des syndicats, qui voient dans l'utilisation de la base de Beauvechain une "provocation" du gouvernement, lequel "contournerait et bafouerait le droit de grève", selon eux.

Interrogé sur ces critiques, Elio Di Rupo a réfuté vendredi que le recours éventuel à la base de Beauvechain revienne à "casser" le mouvement de grève lancé par les syndicats. "Pas du tout! Chacun prend ses responsabilités", a-t-il lancé.

Cadeau de Jacques Chirac

La Belgique organise depuis 2002 tous les sommets européens - un "cadeau" de l'ancien président français Jacques Chirac au Premier ministre belge de l'époque, Guy Verhofstadt, lors du sommet de Nice, en décembre 2000 - et tient visiblement à assumer cette obligation quoiqu'il arrive, a expliqué un spécialiste du dossier.

Cette fois, c'est le président du Conseil européen - et ancien Premier ministre belge - Herman Van Rompuy, qui a convoqué le sommet devant notamment adopter un projet de nouveau traité européen visant à renforcer la discipline budgétaire commune.

Devant débuter lundi en milieu d'après-midi, le sommet a de fortes chances de se prolonger en soirée, voire une partie de la nuit, ce qui permettrait alors aux dirigeants européens de reprendre sans encombre leur avion mardi matin, lorsque la grève générale sera finie.

A.L. avec Ph. Antoine et Belga

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