Somalie: protection refusée à deux bateaux battant pavillon luxembourgeois

Le Conseil des ministres restreint a refusé la semaine dernière une protection militaire à deux bâtiments marchands de la société belge Jan De Nul qui devaient passer au large de la Somalie parce qu'ils battaient pavillon luxembourgeois, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.

Le "kern" a ainsi fait une interprétation restrictive de la décision prise le 30 avril par le gouvernement, qui ne concerne que les navires belges, a confirmé en soirée le ministre de la Défense, Pieter De Crem, à l'agence BELGA.

Le gouvernement a toutefois été saisi d'une nouvelle demande, qui pourrait concerner le "Pompei", capturé le 18 avril par des pirates somaliens et dont la libération semble proche. Il faudrait, en cas de libération, l'escorter en lieu sûr, selon une source informée.

Le cabinet restreint avait refusé la semaine dernière de donner suite à une demande adressée par l'entreprise De Nul qui souhaitait disposer d'une protection armée (en jargon un "Vessel Protection Detachment", VPD) pour deux de ses navires devant traverser le Golfe d'Aden en invoquant le fait qu'ils naviguent sous pavillon luxembourgeois.

L'un de ces bâtiments est "L'Aigle", qui devait relier mercredi l'île Maurice au sultanat d'Oman, selon le journal 'Gazet van Antwerpen'.

Répondant à une demande des armateurs, le gouvernement avait accepté le 30 avril de fournir une protection militaire - sur demande des armateurs et moyennant paiement d'une somme fixée forfaitairement à 115.000 euros - aux navires belges devant naviguer dans cette zone, touchée par la recrudescence de la piraterie.

Jusqu'à présent, aucune équipe de protection militaire n'a été engagée, alors que la période couverte par la décision gouvernementale expire fin juin.

La demande de De Nul, l'un des leaders mondiaux en matière de dragage, était la première du genre, mais elle a donc été rejetée, alors que, selon 'Gazet van Antwerpen', tout était prêt à l'envoi d'une équipe de huit membres des forces spéciales de l'armée belge.

Selon la même source informée, une demande a davantage de chances d'être approuvée. Il s'agirait de fournir une protection militaire au Pompéi - un navire appartenant en copropriété aux sociétés belges Jan De Nul et Deme - et à son équipage, capturé le 18 avril par des pirates somaliens, après leur libération.

Le Pompéi, spécialisé dans la pose de rochers à destinés à la construction d'infrastructures sous-marines, comme des îles artificielles, venait de Dubaï et devait faire escale aux Seychelles avant de rejoindre Durban, en Afrique du Sud, lorsqu'il a été attaqué par des pirates.

Il se trouvait alors à 150 km au Nord des Seychelles et à 700 km à l'Est de la Somalie, avec à son bord dix hommes d'équipage (un Néerlandais, deux Belges, trois Philippins et quatre Croates).

Depuis sa capture il est à l'ancre devant les côtes somaliennes.

La Belgique a été, après la France, le second pays à décider l'envoi de militaires à bord de ses navires marchands pour les protéger des pirates, qui ont multiplié les attaques depuis le début de l'année au large de la Somalie et dans le Golfe d'Aden malgré la présence de nombreux bâtiments de guerre occidentaux, mais aussi chinois, japonais et pakistanais.

 

(Belga)

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