SNCB: la direction sanctionne des grèves "sauvages, pas émotionnelles"

SNCB: la direction sanctionne des grèves "sauvages et non émotionnelles"
SNCB: la direction sanctionne des grèves "sauvages et non émotionnelles" - © PHILIPPE FRANCOIS - BELGA

La direction de la SNCB a décidé de sanctionner une centaine de conducteurs de trains partis en grève spontanées à La Louvière, Charleroi et Liège cette semaine. Les syndicats en ont été informé ce vendredi après-midi. Les représentants des travailleurs avaient une autre vision des événements: pour eux, c'étaient des réactions émotionnelles, pas des grèves sauvages.

"Je suis dégoûté par ce manque d'empathie", a déclaré Michel Abdissi, le président de la CGSP Cheminots, après la rencontre des syndicats avec la direction de la SNCB vendredi.

Une direction qui n'a donc pas considéré ce mouvement comme "émotionnel", comme le soutenaient les syndicats. Pour elle, c'est par exemple le cas lorsque le débrayage est la conséquence d'un choc après l'agression physique d'un accompagnateur de train.

La direction qualifie donc ici la grève de "sauvage", ce qui ouvre à des sanctions: d'une part le débrayage est assimilé à une journée d'absence injustifiée, et les agents ne percevront pas leur salaire pour cette journée. D'autre part, ils se verront retenir 12,50 euros sur leurs primes et recevront une réprimande sévère, fait savoir la SNCB dans un communiqué de presse.

"Nous nous sommes retrouvés face à des personnes insensibles quant aux interrogations des travailleurs", a ajouté le syndicaliste Michel Abdissi. "Nous n'acceptons pas cette décision."

160 000 voyageurs en retard

La CSC Transcom regrette également cette décision de la direction. "Nous avons indiqué auprès de la direction que nous nous sommes à chaque fois déplacés sur les lieux de grève afin d'appeler les travailleurs à suivre le plan d'action intersectoriel", explique Luc Piens, secrétaire général de la CSC Transcom. "Ce qui pend au dessus de la tête des cheminots est très grave. Ils ont simplement réagi."

La CGSP tiendra un exécutif national la semaine prochaine afin d'envisager de nouvelles actions, "qui ne seraient pas uniquement destinées à protester contre les sanctions". Ces actions ne seront pas forcément des arrêts de travail, a précisé Michel Abdissi.

Le comité de direction de la SNCB indique "appliquer les règles prévues dans le statut disciplinaire tel que négocié avec les syndicats". L'opérateur ferroviaire déplore l'annulation de 551 trains lors de ces trois mouvements ainsi que 8018 minutes de retard cumulé sur le réseau, le tout ayant causé préjudice à 160 000 voyageurs.

La SNCB rappelle qu'un protocole d'accord social permet d'organiser un dialogue en vue de chercher des solutions si des problèmes sont constatés. "Dans ce contexte, le recours à la grève doit rester une issue ultime encadrée par les structures hiérarchiques officielles des syndicats, et ce uniquement quand le dialogue social est rompu." Cette procédure n'ayant pas été respecté les 17, 20 et 21 octobre, la SNCB considère ces grèves comme des grèves sauvages et a décidé d'appliquer les sanctions prévues. "Il est inadmissible que quelques cheminots perturbent en toute impunité le service rendu à nos clients, dégradent irrémédiablement l'image de la société et méprisent la notion essentielle de service public qui fait partie des missions de base de la SNCB", commente l'opérateur ferroviaire.

RTBF avec Belga

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