SNCB: Franck Van Massenhove se désiste, Jo Cornu prend sa place

Frank Van Massenhove, récemment désigné comme top manager de la SNCB, a annoncé qu'il renonçait à cette charge
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Frank Van Massenhove, récemment désigné comme top manager de la SNCB, a annoncé qu'il renonçait à cette charge - © BELGA PHOTO LAURIE DIEFFEMBACQ

La SNCB avait depuis peu un nouveau patron, Franck Van Massenhove. Mais ce top manager fraîchement désigné vient de renoncer à la fonction pour raisons personnelles. Jo Cornu, président du Comité de direction d'Alcatel, a été désigné comme remplaçant par le kern. Pour le minsitre Jean-Pascal Labille, Jo Cornu sera autre chose qu'un CEO de transition.

L'ex-futur CEO de la SNCB a dit vendredi son regret d'avoir dû renoncer. "Je suis conscient du fait que j'impose ainsi un nouveau défi au gouvernement dans une procédure de nomination déjà ardue, mais je dois hélas prendre cette décision maintenant, avant de mettre à mal ultérieurement la confiance du gouvernement et de la SNCB. Au vu des réactions publiques suite à l'annonce de ma désignation, beaucoup de personnes seront déçues par ma décision. Mais je suis intimement convaincu du fait que les réactions positives suite à ma désignation ne visaient pas ma personne, mais portaient plutôt l'espoir de changements structurels au sein de la SNCB. Je suis certain que le futur dirigeant de la SNCB pourra s'attendre à des réactions similaires", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Franck Van Massenhove a informé mercredi le ministre des Entreprises publiques de son choix. Des raisons de santé l'auraient poussé à renoncer à la fonction. L'intéressé n'a pas voulu s'étendre sur les motivations de sa décision qu'il qualifie de privée. Il mènera par contre son mandat à la tête du SPF Sécurité sociale à son terme, a-t-on appris par ailleurs.

Frank Van Massenhove est étiqueté sp.a. Son nom ne figurait pas dans la "short list" préparée par des cabinets de chasseurs de têtes à destination du gouvernement fédéral. Il avait laissé entendre, au lendemain de sa désignation, qu'il était surpris et que diriger la SNCB ne constituait pas pour lui une ambition personnelle.

Considéré comme un réformateur du SPF Sécurité sociale, qu'il dirigeait à la satisfaction de nombreux acteurs du monde politique, Frank Van Massenhove avait été élu en 2007 "Meilleur manager de l'année" en Flandre.

La nomination de Jo Cornu critiquée pour son manque de transparence

Jo Cornu, président du Comité de direction d'Alcatel, passé par Agfa Gevaert, et président d'Electrawinds, a été désigné pour prendre la place de Frank Van Massenhove à la tête de l'entreprise ferroviaire belge. Jozef -"Jo"- Cornu avait été désigné "personnalité ICT de l'année 2010" aux Data News Awards of Excellence. Il avait également remplacé Maurice Lippens au CA de Belgacom, un poste qu'il devra donc quitter en toute logique.

La "saga des nominations" à la SNCB donne une impression de déjà-vu à la CSC-Transcom. "Nous avons déjà vécu le même cauchemar en 2002", a déclaré le responsable du syndicat chrétien Luc Piens. Quant à la CGSP, elle regrette avant tout qu'il ne reste que peu de choses de la transparence promise en ce qui concerne les nominations à la tête de la compagnie de chemins de fer.

La SNCB n'a de son côté pas réagi à la nomination de Jo Cornu au poste d'administrateur délégué, après que Frank Van Massenhove a jeté l'éponge.

Pascal Labille s'explique

Interrogé par la RTBF, le ministre des Entreprise publiques Jean-Pascal Labille reconnaît que "M. Cornu n’était effectivement pas dans la première liste mais nous avons considéré que vu sa large expérience -je rappelle qu’il fut numéro 2 d’Alcatel, il est administrateur dans un certain nombre d’entreprises- il a donc toutes les qualités a priori requises pour affronter cette tâche". A 69 ans, Jo Cornu peut-il être chose qu'un top manager de transition ? "Je pense que le gouvernement a pris des mesures pour maintenir les gens plus longtemps au travail donc voilà. Ceci étant dit, il a 69 ans, il a aussi toute son expérience derrière lui et je ne doute pas qu’il va s’atteler à cette tâche avec beaucoup d’énergie, il a encore bon nombre de responsabilités, il est donc encore bien en activité dans diverses fonctions". "Je ne pense pas que ce soit un deuxième ou un troisième choix", poursuit le ministre socialiste, "il y a eu une première liste qui a été faite, l’essentiel c’est que maintenant nous ayons les bonnes personnes aux bonnes places. Le fait que M. Hansen soit également commissaire spécial du gouvernement me parait être un élément aussi essentiel et croyez-moi c’est un sujet sur lequel je jette un œil extrêmement attentif tous les jours."

La façon de travailler du gouvernement interpelle, même dans la majorité

Tant dans les rangs de la majorité que de l'opposition, des députés ont regretté la façon dont le gouvernement avait désigné le nouveau dirigeant de la SNCB.

"Nous nous demandons pourquoi le gouvernement choisit pour la deuxième fois une personne qui ne connaît rien au rail. Le chasseur de tête Egon Zehnder avait pourtant retenu le précédent patron des chemins de fer, Marc Descheemaecker. Qui plus est, les liens entre Cornu et la cabinet Vande Lanotte sont on ne peut plus clairs", a fait remarquer Steven Vandeput (N-VA).

Le député Stefaan Van Hecke (Groen-Ecolo) a déploré que le gouvernement n'ait pas profité du retrait de M. Van Massenhove pour relancer une procédure de désignation "objective et indépendante", par le biais du Selor.

"La désignation arbitraire de Jo Cornu est honteuse. Johan Vande Lanotte se comporte comme s'il était le Bart Verhaeghe (le président du club de Bruges qui a fait valser les entraîneurs ces derniers temps) de la politique", a-t-il ajouté. Et de se demander si le seul critère des ministres de l'équipe Di Rupo était celui du répertoire de leur smartphone.

Dans la majorité, Jef Van den Bergh (CD&V) estime qu'il est temps de tourner cette page. Selon lui, seul l'avenir permettra de savoir si Jo Cornu est l'homme qu'il faut à la SNCB. Mais, à l'entendre, ce n'est pas une manière de traiter la SNCB et de témoigner son respect au voyageur.

RTBF

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