Skeyes: les contrôleurs aériens dénoncent l'impasse des négociations dans une lettre ouverte

Tensions sociales chez Skeyes: les contrôleurs aériens publient une lettre ouverte
Tensions sociales chez Skeyes: les contrôleurs aériens publient une lettre ouverte - © YORICK JANSENS - BELGA

A la veille de la prochaine réunion de la commission paritaire qui doit se dérouler ce vendredi 10 mai, les contrôleurs aériens de Skeys viennent de publier une lettre ouverte dans laquelle ils dénoncent à nouveau leurs conditions de travail mais aussi l'impasse dans laquelle sont actuellement les négociations avec la direction.

Le communiqué fait savoir que la direction souhaite trouver une solution immédiate via une ultime proposition qui doit être débattue et votée ce vendredi. Mais pour les contrôleurs aériens, cette proposition, dans sa forme actuelle, laisse trop de place à l'interprétation et contient des imprécisions qui doivent encore être débattues. 

« Nous avons atteint nos limites »

Les travailleurs déplorent également le manque de solution face au sous-effectif de 25%. « Nous n'avions d'ailleurs aucune revendication financière: nous ne sommes demandeurs que d'un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée !», déclare le communiqué.

Ils rappellent également que « maintenir le rythme de travail actuel est néfaste pour la sécurité ».

« Nous avons besoin de repos après des années de travail en sous-effectif, où nous avons volontairement “ bouché tous les trous” et accumulé une montagne d'heures supplémentaires. Mais nous avons atteint nos limites et ne pouvons plus compenser les absences »

Impact sur 188.500 passagers

"La direction veut parvenir rapidement à un accord", assurait pourtant la direction Skeyes samedi dernier, suite à l'interruption du processus de conciliation sociale au sein de l'entreprise en charge du contrôle aérien.

La semaine dernière, la procédure de médiation a pris fin, sans avoir abouti à des résultats. La direction a alors elle-même rendu ses propositions publiques. Celles-ci parlent entre autres de réduction de la charge de travail et de l'octroi de primes. « L'ensemble de ces propositions représentent 7,5 millions d'euros ou 25.000 euros par an par contrôleur », a précisé la direction.

Celle-ci déplorait l'attitude de "certains partenaires", en particulier la CSC-Transcom, "qui ne sont pas disposés à faire des compromis". La CSC-Transcom regrettait elle que la direction ne lui laisse pas le temps de consulter sa base.

La lettre des contrôleurs aériens mentionne le fait qu'« il règne une atmosphère de confrontation au lieu de dialogue ».

Depuis le début du conflit chez Skeyes en février, un peu plus de 400 vols ont été annulés, touchant 49.000 passagers et 10.000 tonnes de cargo. Viennent s'y ajouter 718 heures de retard pour environ 136.000 voyageurs. Au total, quelque 3.500 personnes ont en outre raté leur connexion à Brussels Airport.

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