Six femmes et 10 enfants "qui ont émis le souhait d’un retour volontaire en Belgique" ont été rapatriés de Syrie

Le parquet fédéral a confirmé dans la nuit de vendredi à samedi qu’une opération de rapatriement depuis la Syrie de six femmes et 10 enfants de moins de 12 ans avait eu lieu.

"Nous pouvons confirmer qu’un avion, affrété par les autorités belges, a atterri avec des personnes belges revenant de la Syrie, qui ont émis le souhait d’un retour volontaire en Belgique avec leurs enfants, indique-t-il dans un communiqué. "Les autorités judiciaires sont compétentes depuis leur retour sur le territoire."

Ce rapatriement, qui devait se dérouler dans la plus grande discrétion, fait suite à une décision prise le 3 mars dernier par le Conseil national de Sécurité (CNS) et annoncée le lendemain par le Premier ministre Alexander De Croo à la Chambre. L’avion a atterri ce vendredi à 21h20 à l’aéroport militaire de Melsbroek.

Le Premier ministre avait évoqué le risque de voir les enfants présents sur place devenir "les terroristes de demain". "Nous ne pouvons pas le tolérer. On doit donc tout faire pour les faire sortir de là". Le CNS avait alors confirmé la démarche de rapatriement des enfants, la limite d’âge étant fixée à 12 ans.

Selon Alexander De Croo (Open Vld), treize femmes – neuf condamnées et quatre faisant l’objet d’un mandat d’arrêt international – se trouvaient alors sur place.

"L’opération sur place et les contacts avec les autorités locales ont été menés depuis plusieurs semaines conjointement par les Affaires étrangères et la Défense. La police fédérale a pris les mères et les enfants en charge dès leur montée dans l’avion et accompagné le vol. Ce vol était médicalisé", a précisé le parquet ce samedi.

Plusieurs femmes placées en détention

Les six femmes rapatriées cette nuit depuis le camp de Roj, au nord de la Syrie, ont été emmenées dans différentes prisons après avoir dit au revoir à leurs enfants. Cinq d’entre elles ont déjà été condamnées pour terrorisme, tandis que la dernière doit encore être jugée, a précisé le procureur fédéral Frédéric Van Leeuw lors d’une conférence de presse samedi matin. Les dix enfants qui les accompagnaient, qui sont nés entre 2012 et 2019, ont été emmenés à l’hôpital pour vérification de leur état de santé mentale et physique.

Le parquet de Jeunesse se chargera de leur trouver un cadre approprié au cas par cas. "Les familles concernées ont été personnellement prévenues après le décollage de l’avion depuis Erbil", a précisé Frédéric Van Leeuw.

Elles ont clairement exprimé le souhait de rentrer et affirment s’être distanciées d’idéologie extrémiste

Concernant les mères, il s’agit de quatre femmes francophones bruxelloises et de deux Anversoises. "Quatre d’entre elles ont été condamnées par défaut à cinq ans de prison pour participation aux activités d’un groupe terroriste, une cinquième a également été condamnée à cinq ans de prison et sa condamnation fait l’objet d’un appel devant la cour d’Anvers. La sixième n’a pas encore été jugée, l’affaire est pendante devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, mais un mandat d’arrêt avait été délivré à son encontre par le juge d’instruction", a détaillé le procureur fédéral.

Ces six femmes répondaient aux critères du Conseil national de sécurité pour être rapatriées. "Elles sont mères d’enfants qui devaient l’être, cela a été prouvé par des tests ADN effectués par les Affaires étrangères il y a quelques semaines. Elles ont clairement exprimé le souhait de rentrer et affirment s’être distanciées d’idéologie extrémiste."

"Elles ont été transférées dans différentes prisons après avoir eu l’occasion de se séparer de leurs enfants dans de bonnes conditions", a précisé le parquet. Et d’ajouter, "cette opération a pu se dérouler dans la discrétion nécessaire".

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