Namur: six élus en Louisiane pour un jumelage

Délégation namuroise en Louisiane: Maxime Prévot se défend
Délégation namuroise en Louisiane: Maxime Prévot se défend - © BELGA PHOTO BRUNO FAHY

Le bourgmestre de Namur, Maxime Prévot, est en Louisiane avec cinq élus (les socialistes Frédéric Laloux et Eliane Tillieux, Stéphanie Scailquin (cdH), Anne De Gand (Ecolo) et Bernard Guillitte (MR)) pour signer un accord de coopération avec la ville américaine de Lafayette. En ces temps de restrictions, le fait d'envoyer six élus outre-atlantique pour un jumelage, pose question.

Pendant trois jours, la délégation rencontre notamment des parlementaires de l'Etat de Louisiane, afin d'évaluer les opportunités de partenariats. La signature officielle de l'entente de coopération intermunicipale a été approuvée par le conseil communal la semaine dernière.

La délégation, dont le voyage a fait l'objet de critiques dans la presse en raison de son coût, annonce d'abord une perspective intéressante pour les étudiants namurois, puisque grâce aux contacts établis, ceux-ci pourront se rendre en séjour d'étude à Lafayette, et inversement. "Une perspective très intéressante pour nos jeunes namurois", indique la délégation.

Ensuite, une délégation d'une trentaine de représentants de Lafayette se rendra à Namur l'année prochaine. "Ce qui représente un bénéfice pour les relations internationales et des retombées pour le tourisme et l'Horeca à Namur", ajoute la délégation.

Par ailleurs, la Louisiane organisera prochainement à Namur une action de sensibilisation sur ses atouts en termes économiques, touristiques et académiques.  Une démarche à laquelle le terreau économique local sera associé. En outre, des relations commerciales se concrétisent entre une brasserie louisianaise et une brasserie namuroise, ouvrant ainsi la porte à de nouveaux marchés.

Enfin, l'association de golf créée entre les villes jumelées organisera son tournoi international à Namur en septembre prochain, avec des représentants de Poitiers (France), Moncton (Canada), des Namurois et des Louisianais. Quelque 200 personnes séjourneront à Namur durant une semaine avec des retombées économiques estimées à 100 000 euros.

"Pas les doigts de pied en éventail"

"Cette manière de traiter l'information est scandaleuse. Le journaliste de La Meuse confesse lui-même ne pas être au courant du contenu de cette mission", réagit Maxime Prévot à un article de la Meuse qui critique ce voyage d'élus locaux aux Etats-Unis, financé avec l'argent public en période de crise.

En allant en Louisiane, les élus disent répondre à une invitation du maire de Lafayette, venu lui-même à Namur en mai dernier, accompagné d'une douzaine de personnes. "A cette occasion, il a souhaité qu'on fasse un pas supplémentaire dans le rapprochement entre nos deux villes. Il ne nous paraissait pas raisonnable de venir à notre tour à douze mais on ne pouvait pas venir à un ou deux. Il faut savoir aussi que ce n'est pas la Ville qui organise le séjour mais bien l'asbl Namur-Lafayette, présidée par Frédéric Laloux. Il est donc présent comme président, moi comme bourgmestre en charge des relations internationales, et on a pris une personne par parti", explique Maxime Prévot.

Ils sont sur place depuis mercredi. Leur mission sera de signer une entente de jumelage, et ils seront déjà de retour lundi. Mais en ces temps de restrictions, le fait d'envoyer six élus outre-atlantique pour cela permet de s'interroger.

Souvenez-vous de la présentation du budget 2013 en février dernier : "Namur est en période de rigueur pour ses dépenses". C’est le bourgmestre Maxime Prévot qui le déclarait lui-même. Rigueur, d’accord mais on trouve aujourd’hui 6800 euros pour envoyer six élus aux Etats-Unis, pour renouveler un jumelage vieux déjà de 35 ans, entre Namur et la ville de Lafayette. Et c’est l’ensemble du conseil communal namurois qui a pris la décision, majorité et opposition.

Et ces 6800 euros, à quoi servent-ils ?

Ce sont uniquement les frais de transports : les navettes pour aller à l'aéroport et les billets d'avion. Le reste est payé sur place par la ville qui accueille les élus namurois. Le montant ne paraît donc pas excessif. Mais fallait-il vraiment envoyer autant de monde ?

Il y a quelques semaines, trois échevins namurois étaient allés au salon de l’immobilier à Cannes, mais il y avait là des perspectives de retombées économiques. Pour la Louisiane, cela paraît moins évident. On s’interroge donc sur l'opportunité politique : surtout quand on sait que pas mal d'associations ont vu leurs subsides rabotés pour que le budget namurois puisse tenir la route.

Belga avec Bruno Schmitz

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