Siegfried Bracke : "Il faut obliger le Vlaams Belang à prendre ses responsabilités"

Le Vlaams Belang peut-il faire partie du gouvernement flamand? "Du point de vue légal, les élus du Vlaams Belang sont les mêmes que les autres élus", déclare l'ancien président de la Chambre Siegfried Bracke, interrogé sur La Première. Il précise d'emblée que, même s'il est toujours membre de la N-VA, il s'exprime en son nom, et pas au nom de son parti. De plus, "plusieurs enquêtes font la preuve que la grande majorité des électeurs flamands, tous partis confondus, juge injuste d'exclure le Vlaams Belang. Je n'aime pas le Vlaams Belang : c'est une raison supplémentaire pour ne pas lui faire de cadeau. D'un point de vue stratégique", il ne faut pas permettre à ce parti d'endosser la figure du martyre, selon lui : "Il faut obliger le Vlaams Belang à prendre ses responsabilités".

A propos du cordon sanitaire, Sigfried Bracke déclare: "Même lorsque j'était journaliste politique, j'ai toujours pensé qu'il fallait traiter le Vlaams Belang comme tout autre parti, sinon on lui fait des cadeaux". Comment analyse-t-il le succès de ce parti lors du dernier scrutin? Les trois partis flamands du gouvernement Michel "se sont bloqués les un les autres, avec en tête Kris Peeters du CD&V, les gens ont dit 'fourt' (que l'on traduirait de manière polie par 'tant pis'), on va voter Vlaams Belang par protestation et à cause de l'immigration et des problèmes sociaux".

Le confédéralisme viendra, sans aucun doute, parce qu'il n'y aura pas d'autre choix

Il y a "une nuance importante: on ne peut pas faire un gouvernement flamand avec le Vlaams Belang dans la coalition, non pas pour une question de principe, mais parce que les différences de programme sont trop importantes et ce serait infaisable. A mon avis on pourrait avoir un gouvernement avec deux partis qui auraient écrit un programme de coalition, un gouvernement minoritaire qui aurait le soutien du Vlaams Belang, et probablement aussi d'autres partis" poursuit-il.

Selon Siegfried Bracke, "au niveau fédéral c'est tout à fait bloqué", donc les Régions n'attendront pas qu'une coalition fédérale soit mise en place pour aboutir: "A mon avis, dans les prochains jours, ou dans les prochaines semaines, on va avoir des gouvernements régionaux".

"Je sais que les francophones voient le confédéralisme comme un séparatisme. Mais c'est tout à fait faux. Le confédéralisme est une solution pour la Belgique, pas seulement pour la Flandre, mais aussi pour Bruxelles et la Wallonie. Le confédéralisme viendra, sans aucun doute, parce qu'il n'y aura pas d'autre choix. Le confédéralisme permet de respecter toutes les tendances politiques, totalement différentes entre le nord et le sud du pays. C'est un bon système, j'y crois de tout mon cœur" dit encore Sigfried Bracke.

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