Siegfried Bracke: "Le coût de la transition écologique représente des milliards, qui va payer?

Alors que le roi Philipppe s’apprête à recevoir ce midi l’ensemble des autorités du pays, Siegfried Bracke, le président de la Chambre des représentants et membre de la N-VA, était ce matin l’invité de Thomas Gadisseux sur La Première.

La majorité gouvernementale n’existe plus à l’heure actuelle mais Siegfried Bracke n’en conserve pas moins ses responsabilités de président, "parce que les membres de la Chambre l’ont choisi au tout début de l’année parlementaire constitutionnelle. Il y a une tradition de choisir le président dans les rangs de la majorité et bien qu’il n’y ait plus de majorité ni de minorité, mon travail reste le même".

Les mesures continuent d'avancer

Si le président de la Chambre est formel quant au fait que la N-VA a quitté le gouvernement au niveau fédéral, il assure pourtant que les sujets prioritaires restent traités et que la Belgique est bien loin de se trouver dans un coma politique. "Les mesures continuent d’avancer, beaucoup de négociations bilatérales ont eu lieu et tout ce qui a été introduit par le gouvernement Michel 1er continue aujourd’hui. On y ajoute également d’autres projets qui sont décidés à la majorité".

A l’image par exemple du Jobs deal qui permet à certaines majorités déjà en place avant la chute du gouvernement de continuer à s’entendre. "On avance sur certains autres dossiers avec les partenaires mais aussi avec d’autres majorités. On ne veut pas que le Parlement donne l’impression qu’il ne se passe rien pendant 6 mois. Nous faisons notre travail, nous réinstaurons par exemple les questions orales et le contrôle du parlement sur le gouvernement est même renforcé", affirme Siegfried Bracke.

Transition écologique: "Mais qui va payer?"

Concernant l’urgence climatique et l’ampleur de la contestation populaire, à nouveau démontrée ce dimanche dans les rues de Bruxelles, le président de la Chambre se déclare "impressionné" par l’ampleur du mouvement et affirme vouloir rester concentré sur la question. Si son président de parti Bart de Wever a déjà fait part de son scepticisme à l’égard des manifestations et que l’ex-secrétaire d’état à l’asile et au logement Theo Francken a lui aussi pu utiliser des mots un peu railleurs à l’égard des jeunes qui font part de leur volonté de changer le système, Siegfried Bracke affirme quant à lui ne jamais vouloir se moquer des revendications des jeunes et les écouter avec attention même si certains désaccords existent.

Il déclare: "Il est de notre responsabilité d’agir de manière responsable à ce sujet. Un problème climatique existe et doit être résolu. LA N-VA dénonce le problème climatique mais prend également en compte l’évolution technologique. Le problème est que la transition vers un autre modèle économique sans utiliser l’énergie fossile implique des frais. Le coût de cette transition représente des milliards et des milliards d’euros. Mais qui va payer?"

La confédéralisme, "une solution pour la Belgique"

La question du confédéralisme que la N-VA souhaite instaurer fut également abordée et à ce sujet, Siegfried Bracke s’est montré sans équivoque. "Ce que la N-VA propose avec le confédéralisme ressemble bien plus à une solution qu’un problème pour la Belgique. Il y a des problèmes institutionnels et le coût actuel de notre système est excessif. A ce niveau-là, le confédéralisme peut-être une solution."

Alors que certains, à l’image de Francis Delperée, estiment que le confédéralisme s’apparente tout simplement au séparatisme, la N-VA affirme bien qu’il s’agit bien d’une solution pour l’ensemble de la Belgique et pas uniquement pour la Flandre. "On ne veut pas organiser la pauvreté au Sud du pays. C’est un modèle légal" déclare Siegfried Bracke. "Si l’on se décide de se tourner vers le confédéralisme, nous changerons la constitution et les lois pour instaurer cet état. On ne décide pas de passer à ce système sans garanties. La garantie se trouve dans les lois. Le confédéralisme viendra à la conséquence des résultats électoraux".

Mais pour arriver à une nouvelle réforme de la Constitution, des articles devront être ouverts à révision lors de la dissolution des chambres. Siegfried Bracke estime qu’il n’est pourtant pas possible sans majorité gouvernementale de lancer la révision de certains articles de la Constitution, qu’il s’agisse du communautaire ou encore de l’institutionnel. "Plusieurs blocage à l’heure actuelle excluent une révision de la constitution." Une septième réforme de l’état n’est donc pas encore à l’ordre du jour.

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