Siegfried Bracke (N-VA), ancien président de la Chambre : "N'utilisons plus le mot confédéralisme !"

Ancien président de la Chambre des représentants, Siegfried Bracke (N-VA) est l’invité du Grand Oral RTBF/Le Soir ce samedi 12 octobre sur La Première et ce dimanche 13 octobre sur La Trois. Après 30 ans de journalisme, et près de 10 ans de politique au sein de la N-VA, il apporte son regard sur la nomination par le Roi d’un duo de préformateurs PS-N-VA. Aujourd’hui "à la retraite", il apporte son regard d’observateur sur la politique actuelle.

C’est l’une des actualités de la semaine : Geert Bourgeois (N-VA) et Rudy Demotte (PS) sont désignés préformateurs par le Roi. S’agit-il d’un statut temporisateur, en attendant la fin d’année ? Siegfried Bracke s’oppose à cette idée : "Je ne suis pas d’accord du tout. Oui, le processus sera lent, car les différences sont très importantes. Mais c’est un signe d’espoir. Je souligne l’excellent choix des personnes désignées. Geert Bourgeois est un homme sage, qui appartient à l’aile gauche de la N-VA et, de l’autre côté, il y a Rudy Demotte, qui parle très bien flamand. Il a été éduqué par ses tantes flamandes. Je crois que leur travail portera ses fruits et rapprochera les points de vue. J’y crois". Pour lui, il n’y a simplement pas d’autre choix. "En Wallonie et en Flandre, ce n’était pas un mariage d’amour, mais de nécessité. Il en ira de même pour le fédéral, si on respecte les différences".

Mais d’aucuns affirment qu’un gouvernement fédéral reste possible sans la N-VA. Il n’en est pas question pour Siegfried Bracke. "Le paysage est en plein changement. Imaginez que les trois partis traditionnels ont 30 % à l’heure où on parle. La N-VA fait partie du système traditionnel. Elle perd moins de plumes, mais tout de même. Un gouvernement qui n’a pas de majorité, coté flamand et francophone, ça n’ira jamais".

Récemment, Siegfried Bracke proposait de ne plus utiliser le mot "confédéralisme". Un mot chargé de connotations négatives, selon lui. "Je suis convaincu qu’on va finalement faire atterrir le confédéralisme, mais j’ai compris que le confédéralisme du point de vue sémantique, le mot ‘confédéralisme’, est péjoratif. Même en Flandre, le confédéralisme est vu comme le démantèlement de la Belgique. Mais, moi, je veux un État belge bien organisé, efficace, pas trop cher". Mais quelles compétences reste-t-il dans cet État belge ? "On verra bien mais ce n’est pas le confédéralisme de la N-VA. On peut parler de fédéralisme 2.0, on peut parler du ‘néofédéralisme’ ".

Dernière façon de faire connaissance avec Siegfried Bracke : savoir ce qui l’indigne. Sa réponse est cocasse : "trop d’indignation". "Je déplore de voir l’émotion se propager pour disparaître après deux jours. C’est purement médiatique". Et qu’en est-il de celle de Greta Thunberg, des jeunes pour le climat ? "Cette problématique est importante, mais c’est trop. Ça a eu des effets contre-productifs qui ont profité à l’extrême droite. La VRT a clairement avoué avoir donné trop d’attention au climat. On le voit, Groen n’a pas tant gagné de ces manifestations. Et lui donner une récompense de doctor honoris causa, c’est fou. Elle n’a que 17 ans".

Siefried Bracke était interrogé par Bertrand Henne, Jean-Pierre Jacqmin et Béatrice Delvaux.

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