"Si on n'a pas de gouvernement, il faudrait pouvoir diminuer la dotation des partis"

"Si on n'a pas de gouvernement, il faudrait pouvoir diminuer la dotation des partis"
"Si on n'a pas de gouvernement, il faudrait pouvoir diminuer la dotation des partis" - © Tous droits réservés

469 jours depuis les élections fédérales de mai dernier et toujours pas de gouvernement.

Les négociations ont débuté entre 7 partenaires en vue de former un gouvernement "Vivaldi" mais rien n’est encore gagné. C’est une fois encore long, beaucoup trop long et extrêmement laborieux.

Réduire les dotations?

Des difficultés qui ont d’ailleurs tendance à se répéter chaque fois qu’il faut former un gouvernement fédéral. D’où cette idée qui a refait surface sur le plateau de Questions en Prime, et qui vise à réduire progressivement les dotations que touchent les partis politiques en cas de non-accord.

C’est en tout cas ce que défend Anne-Emmanuelle Bourgaux :

"L’année dernière, peu avant la crise du Covid, on a consacré 32 millions d’euros pour le financement des partis politiques. C’est évidemment une chose très importante et j’y suis très attachée. Par contre, je pense qu’il faut qu’ils aient une épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes parce que visiblement, ils n’y arrivent plus. Ils n’ont plus envie ou pas assez envie de prendre des risques que suppose la prise de pouvoir donc oui mettons en place un incitant dégressif."


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Pour l’économiste Etienne De Callatay, ce système est une bonne idée mais présente tout de même certaines failles.

"Je pourrais être tenté comme économiste de dire qu’il faut toucher les partis aux portefeuilles pour les inciter à former rapidement un gouvernement. Mais cela donnerait un avantage aux partis qui ont les finances en meilleur état. Et ce n’est pas forcément ces partis que l’on voudrait voir à la tête du pays. Je pense qu’il y a d’autres méthodes qui pourraient être efficaces, comme l’obligation de revoter ou pourquoi pas réduite le temps d’antenne sur la RTBF pour ceux qui ne sont pas parvenus à se mettre d’accord."

Les dotations des partis politiques sont presque les plus élevées d’Europe

Le politologue flamand Dave Sinardet estime en tout cas qu’un statu quo n’est plus tenable et qu’un système incitatif doit être mis en place.


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"Il y a un problème de procrastination dans le chef des partis politiques. On sent bien qu’il faut mettre en place un système pour mettre la pression sur la classe politique.

Et l’incitant financier me paraît être une solution intéressante d’autant que les partis politiques sont très bien financés. Les montants sont presque les plus élevés de toute l’Europe. L’autre option pourrait être de retourner aux urnes s’il n’y a pas de gouvernement après 6 mois. Mais là encore le système comporte un risque. Si un parti souhaite de nouvelle élection, il pourrait bloquer le processus de formation d’un gouvernement pour arriver à ses fins."

 

"Questions en Prime" de ce 7 septembre

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