Service minimum: "Une attaque de front aux droits des travailleurs"

Service minimum en cas de grève
Service minimum en cas de grève - © NICOLAS LAMBERT - BELGA

La Commission de l'économie du Sénat a adopté mardi, via une majorité de rechange (MR, Open Vld, CD&V, N-VA), la proposition de loi de François Bellot (MR) visant à instaurer un service minimum à la SNCB, sanctions à l'appui. Les syndicats dénoncent cette proposition de loi.

FGTB : seuls la prévention et le dialogue permettent la continuité du service

"Tout ce qui pourra contribuer à anticiper les désagréments et tout ce qui sera fait au niveau de la prévention, nous le soutenons. Mais imposer un service minimum ne constitue pas une réponse en profondeur" aux problèmes des services publics, a commenté mercredi la secrétaire générale de la FGTB Anne Demelenne au lendemain du vote en Commission de cette proposition de loi s'attaquant aux grèves sauvages.

"Ce qu'il faut, c'est plus de sécurité pour les usagers et les travailleurs, plus de moyens financiers pour contrer les pertes d'emploi dans les services publics et pour les infrastructures vieillissantes, des phénomènes qui engendrent parfois des actions spontanées", a estimé Anne Demelenne, rappelant qu'"on a été chercher dans les services publics les 22 milliards d'économies" nécessaires pour assainir les comptes de l'Etat.

"Face à cela, le service minimum ne constitue pas une réponse en profondeur, c'est l'arbre qui cache la forêt. Par ailleurs, partout où il a été appliqué à l'étranger, cela a été un échec", relève la patronne du syndicat socialiste.

Anne Demelenne voit dans la proposition de loi, qui manquera très probablement d'être adoptée définitivement en cette fin de législature, un "effet d'annonce dans le cadre de la campagne". Elle rappelle que l'accord de gouvernement prévoyait une réflexion sur la continuité de service public et que la mise en place d'un service minimum avait fait l'objet de rapports, majoritairement négatifs.

CSC : "Une attaque de front aux droits des travailleurs"

Le syndicat chrétien fustige le projet de loi qui vise à mettre fin aux grèves sauvages dans les entreprises publiques via l'instauration d'un service minimum. "Le projet de loi attaque de front les droits des travailleurs", affirme mardi la CSC-Transcom dans un communiqué.

"Dans les chemins de fer, les syndicats et la direction ont établi en 2008 des accords sur la procédure à suivre lors de grèves. Ce protocole a été - à la demande du gouvernement - revu et ajusté en 2013. Depuis peu, les grèves doivent être annoncées huit jours ouvrables à l'avance. C'est beaucoup plus que ce qui se pratique dans d'autres secteurs (tant public que privé)", précise la CSC, qui qualifie la proposition d'"inacceptable" et d'"inutile".

Le syndicat rappelle également qu'il a participé à la conclusion d'accords sur les grèves dans d'autres entreprises publiques. "Aussi bien bpost que Belgacom ont fixé des délais de préavis de grève. Il y a aussi le rôle important du médiateur social, qui agit comme un intermédiaire dans les conflits sociaux."

La CSC-Transcom "n'hésitera pas à utiliser tous les moyens pour défendre un droit fondamental internationalement garanti", annonce-t-elle.

D'après Belga

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