Service minimum à la SNCB: "Cela va à l'encontre du droit des travailleurs", pour la CGSP cheminots

Service minimum: quel impact sur la grève du rail de jeudi ?
Service minimum: quel impact sur la grève du rail de jeudi ? - © NICOLAS LAMBERT - BELGA

La loi sur le service minimum à la SNCB s'applique pour la première fois cette semaine. L'objectif de cette loi: permettre au navetteurs de bénéficier d'un service minimum garanti, en cas de grève à la SNCB ou Infrabel. Une première donc dans l’histoire syndicale des chemins de fer en Belgique.

Et comme annoncé, la CGSP mènera une action de grève de 48 heures à partir du jeudi 28 juin, dès 22 heures et ce jusque samedi, même heure.

Avec ce service minimum, le personnel gréviste de la SNCB sera donc bel et bien remplacé par des collègues non-grévistes. Combien répondront à l’appel? Quel sera l’impact de ce plan de transport alternatif? Quels trains circuleront?

Un formulaire à compléter en cas de grève

A l’heure actuelle, la SNCB invite les voyageurs à s’informer sur son site à partir de ce soir, 22 heures. 

Les agents du rail qui entendent faire grève jeudi ont dû déclarer leur décision, 72 heures avant leur arrêt de travail, via un formulaire transmis par leur employeur. A charge alors pour celui-ci de déployer un "plan de transport alternatif" en remplaçant les grévistes par des travailleurs susceptibles de prendre leur poste.

Il n'est pas correct de prendre en otage les usagers de la SNCB

Mi-juin, Charles Michel avait prévenu qu’il activerait la nouvelle législation sur le service minimum. "C'est totalement irresponsable. Ce serait un très mauvais signal. Notre pays est aujourd'hui dans une meilleure situation, sa crédibilité internationale s'est améliorée. Je lance un appel à la responsabilité. Il n'est pas correct de prendre en otage les usagers de la SNCB", avait-il déclaré à l'issue du Conseil des ministres.

"A l'encontre des droits des travailleurs"

Ces propos n’ont pas entamé la détermination des syndicats et le gouvernement a donc mis ses menaces à exécution. Pour les syndicats, il s’agit là d’une atteinte fondamentale au droit de grève.

"Certaines personnes vont hésiter à faire grève puisqu’il faut s’inscrire préalablement sur des listes. Cela va totalement à l’encontre du droit des travailleurs, c’est une catastrophe!", précise Michel Abdissi, le président de la CGSP cheminots.

Pour autant, s’agit-il d’une violation majeure d’un droit fondamental ? En tout cas, certaines organisations syndicales le pensent et ont dès lors intenté une action devant la Cour Constitutionnelle.

Le droit de grève, c’est un droit fondamental

"Le but c’est vraiment de faire annuler tout ou une partie de la loi sur base d’une violation de la Constitution et du droit international. Le droit de grève, c’est un droit fondamental reconnu au niveau international, au niveau européen et c’est sur cette base là que la Cour va se prononcer. Il s’agit aussi dans notre chef d’une atteinte au droit de négociation collective", précise Leila Lahassani, avocate en droit social qui représente leurs intérêts.

Il faudra bien un an avant que la Cour se prononce. D'ici là, l'été sera tendu sur le rail puisque d'autres arrêts de travail ont déjà été annoncés. 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK