Pourquoi y a-t-il grève ce mardi? Les explications de Michel Meyer, président de la CGSP

Michel Meyer, président fédéral de la CGSP, était l'invité de Matin Première ce mardi 10 octobre.
Michel Meyer, président fédéral de la CGSP, était l'invité de Matin Première ce mardi 10 octobre. - © RTBF

Michel Meyer, président fédéral de la CGSP, était l'invité de Thomas Gadisseux sur La Première, en cette journée d'action syndicale.

Le choix du 10 octobre pour cette grève est symbolique explique d'entrée de jeu Michel Meyer : c'est ce mardi que Charles Michel prononce sa déclaration gouvernementale à la Chambre. Mais le syndicaliste refuse de parler de grève politique pour autant. "Nous marquons là une date symbolique. Nous ne fêtons pas l’anniversaire du gouvernement. On préférerait fêter l’anniversaire du jour où il sera parti."

Le président de la CGSP estime que ce mardi est "une date très opportune pour faire un mouvement de grève. Nous nous adressons à nos patrons. Et les gouvernements sont les patrons des services publics. Nous faisons grève contre nos patrons parce que nous ne sommes pas contents d’eux."

Un "effet d'annonce" de François Bellot

Le 8 octobre dernier, François Bellot (MR) demandait le maintien des trains entre Namur et Bruxelles. Michel Meyer estime que cette demande du ministre fédéral de la Mobilité est "un peu facile". "Il n’a pas contacté nos homologues de la SNCB. Il est arrivé directement à la télévision pour faire un effet d’annonce", ajoute-t-il.

Alors que la circulation est compliquée à Bruxelles par la fermeture du viaduc Herrmann-Debroux, Michel Meyer fait cette proposition : "On veut bien proposer que, pendant la durée des travaux, on ne fasse plus grève... Si le gouvernement, pendant toute la durée des travaux, ne prend plus aucune décision contre le service public."

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"On pense aux navetteurs", assure le président de la CGSP. "Je suis moi-même navetteur. Je prends soit le train, soit la voiture. J’ai dans mes affiliés des gens qui ont des enfants scolarisés, des gens qui prennent la voiture pour aller travailler, des gens qui n’ont pas l’occasion de faire du télétravail et qui vont se rendre sur leur lieu de travail. Eux aussi vont être impactés par notre grève."

A la CGSP, nous sommes plus prompts à dégainer l’arme de la grève

Si le but est de marquer son opposition aux décisions du gouvernement, comment expliquer que tous les syndicats ne se joignent pas au mouvement? En effet, CSC et SLFP n'ont pas appelé leurs membres à faire grève. "A la CGSP, nous avons toujours eu une ardeur d’avance, nous sommes plus prompts à dégainer l’arme de la grève", justifie Michel Meyer. Il ajoute que CSC et SLFP sont représentés au gouvernement fédéral, respectivement par le CD&V et le MR. "Indirectement, est-ce qu'on se pose la question de savoir si [ces deux organisations syndicales] ne font pas grève parce que c'est une non-grève politique?"

Parmi les points qui bloquent dans les négociations entre syndicats, patrons et fédéral: la pension à points qui est synonyme d'"insécurité" pour Michel Meyer. "S'il faut attendre qu’elle soit mise en place pour se battre, ça ne vaut plus la peine. On va introduire une variante économique et une variante démographique. Selon que vous serez pensionné une année ou l’autre, vous aurez plus ou moins de pension [...] Actuellement, tout salarié peut savoir combien il va avoir de pension. Demain ce sera impossible. Il faudra attendre l’année avant d’être pensionné", détaille-t-il.

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Autre question sensible : les critères de pénibilité au travail. "Les patrons sont opposés à la mise en place de la pénibilité parce qu’ils espèrent bien que tout l’argent qui ne sera pas réinvesti dans les pensions pour la pénibilité, ils pourront le récupérer pour avoir des diminutions de cotisations ONSS et des aides de l’Etat."

Le service minimum, "C'est no pasarán"

Concernant le service minimum en cas de grève, le président de la CGSP fait remarquer que "nous avons déjà des services minimum dans certains de nos secteurs : soins de santé, police, pompiers". Et dans les transports en commun ? "C'est no pasarán" ("ils ne passeront pas", célèbre slogan de la guerre d'Espagne en 1936). Il met en avant une décision de la Commission européenne selon laquelle les transports en commun "ne sont pas un bien de première nécessité" De ce point de vue, il ne serait donc "pas obligatoire" de les maintenir en cas de grève.

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