Serge Kubla sur Chodiev: "C'était un voisin sympathique et cordial, point à la ligne"

L'ancien bourgmestre de Waterloo Serge Kubla (MR) était convoqué à la Chambre ce mercredi pour être auditionné par les députés membres de la commission d'enquête parlementaire Kazakhgate. La RTBF l'a interviewé quelques minutes avant cette audition. C'est la première fois qu'il s'exprime dans ce dossier, écoutez-le au micro d'Aurélie Fogli.

Dans cette interview, Serge Kubla insiste sur la "simplicité" de sa relation de voisinage avec l'homme d'affaires kazakh et se dit assez "satisfait de pouvoir dire la vérité".

Plus précisément, il a déclaré, à propos de la servitude d'accès au domicile qu'il a obtenue de Chodiev, afin d'avoir un droit de passage sur le terrain de ce dernier : "C'est l'amalgame parfait, deux dates coïncident, et vous êtes en train de dire que j'ai négocié. Je n'ai rien négocié du tout. Il n'y a pas eu de donnant-donnant."

"J'en ai ras-le-bol de cet amalgame qui fait que je suis coupable de tout, alors qu'en réalité ce sont des relations d'une simplicité totale" a-t-il conclu.

Je ne suis pas intervenu dans ce dossier

"Je ne suis pas intervenu dans ce dossier (...), je le confirme sous serment", a indiqué mercredi en commission d'enquête parlementaire Kazakhgate l'ex-bourgmestre de Waterloo Serge Kubla (MR) selon qui son rôle s'est limité à recommander la famille Chodiev désireuse d'acquérir la nationalité belge, dans un contexte de bon voisinage.

M. Kubla a dit avoir entretenu des "relations cordiales de voisinage" avec M. Chodiev avec lequel il n'a pas conclu de "transaction", pas mené de "tractation", pas pris de mesure "d'accompagnement". L'ex-député et ex-ministre a dit ne pas avoir été informé par la Sûreté ou la police d'éventuels liens de l'intéressé avec le milieu russe ou de menaces le concernant. "Il promenait son chien le soir, conduisait lui-même sa voiture, n'avait pas de garde du corps, ses enfants prenaient le bus scolaire, il n'avait pas l'air menacé", a-t-il témoigné. M. Kubla a dissocié en tant que bourgmestre son rôle de chef administratif de la police locale à l'époque, du rôle judiciaire relevant de la compétence du parquet. M. Chodiev s'est présenté comme un intermédiaire servant le monde économique belge, jouissant d'une réputation, voyageant main dans la main avec le premier ministre Jean-Luc Dehaene au Kazkhstan, s'est rappelé son ex-voisin.

Rien ne m'alertait. J'ai entretenu naïvement les contacts

Quand les premiers articles sont parus sur les liens avec la mafia, M. Kubla a dit être tombé des nues. "Si javais su ce que je sais aujourd'hui mon attitude aurait été plus distante", admet-il. "Rien ne m'alertait. J'ai entretenu naïvement les contacts", a ajouté l'ex-bourgmestre, rappelant être intervenu à travers des centaines de lettres pour les concitoyens de sa ville demandeurs d'une aide en matière de pension, de logement ou d'emploi. C'est dans ce contexte qu'il dit être intervenu pour recommander M. Chodiev auprès de la commission de naturalisation de la Chambre. Suspecté également d'être intervenu après l'établissement d'une servitude sur le terrain de M Chodiev lui permettant d'accéder plus facilement à son logement, M. Kubla a réfuté totalement. Elle a été établie à titre gratuit, a-t-il assuré.

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