Sénat: pour Christine Defraigne, c'était la dernière séance en tant que présidente

Sénat: pour Christine Defraigne, c'était la dernière séance
Sénat: pour Christine Defraigne, c'était la dernière séance - © THIERRY ROGE - BELGA

Christine Defraigne a présidé vendredi pour la dernière fois l'assemblée plénière du Sénat dont elle dirigeait les travaux depuis 2014. Le 3 décembre, Christine Defraigne sera désignée première échevine au sein du nouveau Collège de la ville de Liège que retrouve le MR après 36 ans d'opposition. Un hommage lui sera rendu au Sénat lors de la prochaine séance plénière, le 14 décembre.

En vertu des règles de cumul, Christine Defraigne quitte le parlement wallon qui l'avait désignée comme sénatrice. Elle sera remplacée à Namur par Diana Nikolic, conseillère communale liégeoise. Le MR n'a pas encore décidé quel élu wallon sera désigné au Sénat en remplacement de l'ex-présidente du Sénat. Et il ne décidera que début décembre quel sénateur reprendra la présidence de l'assemblée.

Jacques Brotchi en remplaçant ?

La fonction revient aux réformateurs en vertu de la répartition des postes lors de la mise en place de l'actuel gouvernement, en octobre 2014. Parmi les noms qui circulent, celui du député bruxellois Jacques Brotchi revient avec insistance. Autorité morale au sein du MR, il a, sur d'autres candidats potentiels, l'avantage de ne pas exercer de fonction exécutive.

La fonction de président du Sénat n'est pas sans importance à moins de cinq mois de la dissolution des Chambres, la Haute assemblée étant amenée comme la Chambre et le gouvernement à se prononcer sur la déclaration des articles de la Constitution qui seront soumis à révision.

Christine Defraigne était députée wallonne et de la Communauté française depuis 1999. Elle était entrée au Sénat en 2003, s'impliquant dans les dossiers éthiques (euthanasie, procréation médicalement assistée, gestation pour autrui...) Avocate, attachée au libéralisme social, à la laïcité et aux libertés fondamentales, elle s'est investie en matière de justice.

Cheffe de groupe, elle fut un moment écartée, payant son implication dans la guerre des clans au profit du groupe renaissance contestant la présidence de Didier Reynders.

Troisième femme à présider le Sénat

Certains la voyaient devenir ministre dans le gouvernement Michel, il n'en fut rien. En 2014, elle devenait la troisième femme à présider le Sénat. Conservant sa liberté de ton, elle n'hésitera pas à contester certains projets N-VA au gouvernement dont celui, mort-né, autorisant des visites domiciliaires. "Je pense que M. Francken devrait rentrer dans le rang", disait-elle encore jeudi sur la RTBF (une émission à revoir ci-dessous). Et ce alors que le secrétaire d'Etat s'oppose à la signature par la Belgique du Pacte de l'ONU sur la migration.

Au Sénat, Christine Defraigne a eu régulièrement maille à partir avec la N-VA qui souhaite voir disparaître la Haute assemblée.

Attachée à sa ville de Liège, Christine Defraigne s'engage en tandem avec le bourgmestre PS Willy Demeyer. Le 14 octobre, elle a réussi à Liège là où d'autres réformateurs ont échoué dans les grandes villes wallonnes et à Bruxelles. "Mon parti doit faire beaucoup plus attention à ce qui se passe dans les villes. La sociologie y a été modifiée. On a voulu des villes à la campagne, cela a eu un coup environnemental et social énorme, ainsi qu'en matière de mobilité. Le défi, c'est faire revenir des familles en ville et affronter le vieillissement", a-t-elle analysé dans l'émission "Jeudi en Prime".

Christine Defraigne invitée de "Jeudi en Prime", le 15 novembre 2018

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