Selon une étude, la région wallonne ne peut pas imposer aux provinces d'augmenter le financement des zones de secours

L’APW, l’Association des Provinces wallonnes, tire à nouveau la sonnette d’alarme. Le financement des zones de secours coûte cher, très cher aux provinces. En 2019, le gouvernement wallon avait décidé, pour soulager les finances des communes, d’augmenter la part de financement des zones de secours par les provinces. 20% en 2020, 30% cette année, pour atteindre les 60% en 2024. "C’est infaisable, explique Serge Hustache, le président de l’APW, si on veut que les provinces continuent de fonctionner normalement en maintenant des projets. Nous aurons financé plus d’un demi-milliard sur la législature pour les zones de secours sur la base de trois lignes dans la Déclaration de politique régionale."

La réforme du gouvernement wallon est illégale

L’APW a commandé une étude au Ciriec (Centre international de recherche et d’information sur l’économie publique, sociale et solidaire), qui travaille avec les universités de Liège et de Mons. Et selon cette étude, la réforme est illégale car elle porte atteinte au financement général des Provinces et elle est inconstitutionnelle car elle viole l’autonomie provinciale.

La décision est aussi retoquée par l’étude du Ciriec parce que " l’organisation et le financement des zones de secours ne relèvent pas de la compétence matérielle de la Région wallonne. La protection civile étant une compétence exclusivement fédérale."

Une pause est demandée au gouvernement wallon

L’APW ne veut pas tout remettre en cause. "Nous continuerons à assumer nos responsabilités mais nous demandons une pause au gouvernement wallon, explique Serge Hustache. Nous ne pouvons pas assumer plus que 40% du financement des zones de secours. Ou sinon, nous ne pourrons plus assumer nos priorités que sont l’enseignement, le social, la culture et l’environnement."

Et Serge Hustache de lancer un appel aux communes. "Nous avons besoin d’une collaboration avec elles. Nous sommes impliqués dans les communes. Et si on continue de nous demander d’intervenir sur la base de sommes considérables pour financer les zones de secours, est-ce qu’il faut encore continuer à nous investir dans l’enseignement ou dans la culture de la même manière ? Nous voulons discuter de cela avec les communes."

L’avenir des provinces, une question vieille de plus de trente ans. Et toujours pas de réponse concrète aujourd’hui sur son évolution. Il est vrai que le dossier reste sensible. Les provinces pèsent "lourd". Elles emploient 20.000 personnes en Wallonie et essentiellement, à travers ses écoles qui vont du maternel au supérieur, les provinces jouent encore un rôle un peu partout au sud du pays.

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