Selon BAE System, l'Eurofighter est moins cher que prévu à l'achat et à l'utilisation

Deux Eurofighters Typhon
Deux Eurofighters Typhon - © FAYEZ NURELDINE - AFP

L'avion de combat Eurofighter, produit par le consortium européen éponyme, sera moins cher à l'achat que le montant fixé par le gouvernement belge pour 34 nouveaux chasseurs, mais également nettement moins coûteux à l'utilisation que prévu par le ministère de la Défense, a indiqué mercredi un responsable de la société britannique BAE Systems.

"Oui, nous sommes également (avec notre offre) en dessous du budget d'acquisition, comme Lockheed Martin (qui propose, via le gouvernement américain, le F-35 Lightning II), dans les 3,6 milliards d'euros du budget initial d'acquisition", a affirmé le directeur de la campagne pour le marché belge de BAE Systems, Anthony Gregory, à quelques journalistes belges lors du salon aéronautique de Farnbourough, au sud-ouest de Londres.

Il faisait référence à des déclarations faites la veille par un responsable de Lockheed assurant que l'offre américaine est inférieure au montant fixé par le gouvernement belge pour le remplacement de ses F-16 vieillissants. "Nous sommes en dessous du budget", a assuré le vice-président de Lockheed Martin pour le développement des affaires et l'intégration stratégique de Lockheed Martin, Jack Crisler.

Il a évoqué un prix d'"environ 80 millions de dollars" l'unité pour le F-35A (à atterrissage et décollage conventionnels), en ligne avec les chiffres cités antérieurement faisant état d'une baisse progressive du prix du chasseur furtif à mesure que la production monte en cadence et alors que 309 avions ont déjà été livrés à plusieurs pays.

En dessous des 3,6 milliards d'euros prévus

Selon le responsable de BAE Systems - qui forme le consortium Eurofighter avec le groupe Airbus et l'italien Leonardo -, l'appareil européen, que les Britanniques promeuvent sous le nom de Typhoon, sera également à l'achat en dessous des 3,6 milliards d'euros prévus par le gouvernement belge.

Mais "la vraie mesure est le coût total de programme", a souligné M. Gregory, un ancien pilote de chasse de la Royal Air Force (RAF) britannique.

La Défense a chiffré ce coût à une quinzaine de milliards d'euros sur la durée de vie des nouveaux avions, estimée à 40 ans.

"Nous sommes (avec l'Eurofighter dont 600 exemplaires sont en commande) à moins de la moitié si vous comptez quinze milliards" d'euros, a assuré M. Gregory. Il a souligné que les coûts du F-35 à l'heure de vol restaient inconnus - "personne ne sait combien il coûte" -, mais noté que la Norvège, qui souhaite acquérir 52 de ces appareils, avait prévu de dépenser l'équivalent de "de 30 à 40 milliards d'euros" sur la durée de vie de ses avions.

Selon le responsable de BAE Systems, le chef du bureau du Pentagone qui gère le programme F-35, le "Joint Programme Office" (JPO), le vice-amiral américain Mat Winter, a cité un coût à l'heure de vol de "50.000 à 60.000 dollars" dans une interview au magazine 'Air International'.

Un troisième candidat potentiellement en lice pour la succession des F-16 est le Rafale de l'avionneur français Dassault Aviation.

Mais Paris n'a pas répondu à l'appel d'offres officiel, préférant proposer à la Belgique un "partenariat approfondi et structurant" fondé sur le Rafale et une implication belge dans le développement d'un avion de combat de nouvelle génération, envisagé par la France et l'Allemagne à l'horizon 2040 dans le contexte d'une relance de la défense européenne.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK