Seize professeurs d'université mettent en garde contre la réforme du chômage

À la fin de 2017, il y avait 487.291 chômeurs indemnisés en Wallonie, selon un rapport de l'Onem
À la fin de 2017, il y avait 487.291 chômeurs indemnisés en Wallonie, selon un rapport de l'Onem - © BRUNO FAHY - BELGA

Augmenter la dégressivité des allocations de chômage est risqué. C'est le constat présenté ce matin dans une carte blanche publiée dans les journaux Le Soir et le Standaard.

Ces professeurs proviennent d'établissement francophones, flamands et de la London School of Economics. 

Ils estiment qu'il n'est pas prouvé scientifiquement que la réduction progressive des allocations favorise les démarches de recherche à l'emploi. Il s'agit du programme gouvernemental de lutte contre les pénuries de main-d'oeuvre, le "job deals". Selon eux l'assurance chômage est censée protéger le demandeur d'emploi contre la perte de revenus. "En raison de cet argument aussi, il vaudrait mieux que les prestations sociales augmentent avec la durée du chômage plutôt qu'elles ne baissent".

"Il est possible qu'une réduction encore plus rapide du niveau des allocations avec la durée de chômage aille à l'encontre de ce qui se justifie d'un point de vue économique. Avant de prendre des décisions qui pourraient avoir des conséquences fort négatives sur un des fondements de notre État providence, le gouvernement serait bien avisé de d'abord faire analyser cette question avec la profondeur requise", recommandent en conclusions les 16 professeurs d'université.

Le ministre fédéral de l'Emploi Kris Peeters (CD&V) n'entend pas reculer. Son cabinet indique que, quelles que soient les modalités, la philosophie de la réforme, sur laquelle les académiques émettent des doutes, ne sera pas modifiée.

Archive : JT 11/09/2018

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