L'opposition demande la démission de Galant, le Premier ministre n'en dit pas un mot

Sécurité dans les aéroports: Charles Michel répond aux députés
Sécurité dans les aéroports: Charles Michel répond aux députés - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

La pression est maximale sur la ministre de la Mobilité, Jacqueline Galant (MR), après les révélations de mercredi concernant la sécurité dans les aéroports, déficiente selon des rapports de la Commission européenne, qu'elle aurait refusé de refinancer. Elle nie avoir eu connaissance de ces rapports. Et nie également avoir reçu une demande formelle de son administration de dégager un budget pour engager des inspecteurs.

Ecolo a présenté des documents, qui selon le parti, prouvent que Jacqueline Galant a menti, mais ceux-ci sont contestés par le cabinet de la ministre. Ces documents ont été distribué aux députés lors de la plénière.

La démission de Jacqueline Galant est inéluctable

L'opposition attendait donc de pied ferme le Premier ministre Charles Michel à la Chambre. 

Véronique Caprasse (Défi) a affirmé que "la démission de Jacqueline Galant était inéluctable", rappelant que ce n'était pas la première fois qu'elle était pointé du doigt et affirmant qu'"un tel niveau d'irresponsabilité était inadmissible". "Pourquoi aucun euro n'a été accordé pour la sécurité de l'aéroport?", a-t-elle demandé.

Même critiques pour Karine Lalieux, PS, qui rappelle avoir interrogé Jacqueline Galant début mars et ce mercredi sur les failles de sécurité dénoncées à l'aéroport. "D'un côté, Madame Galant nous dit 'tout va bien', de l'autre côté des rapports de la Commission sont publiés et disent le contraire".

Marco Van Hees, pour le PTB, a affirmé que Jacqueline Galant avait été affirmée de nombreuses fois, notamment par les syndicalistes de l'aéroport de Zaventem, de problèmes de sécurité. "Vu sa propension au mensonge, vu les crises de confiance, est-ce que vous trouvez que la ministre Galant a encore sa place au gouvernement?", a-t-il demandé au Premier ministre.

"Pas un euro n'a été donné en 2015 et en 2016 à l'aéroport", a pointé Georges Dallemagne (cdH). "Pire, votre ministre demande de détourner 25 millions de la lutte contre le terrorisme pour Belgocontrol, qui a montré son incivisme ces derniers jours".

Il est évident qu'il nous apparaît essentiel de faire la clarté

Le Premier ministre Charles Michel leur a répondu: "Nous prenons tous très au sérieux la sûreté et la sécurité dans les aéroports. (...) J'ai été informé par la presse mercredi des deux rapports de la Commission européenne. J'ai demandé qu'on m'informe des rapports en question. (...) Les informations n'ont pas été transmises au cabinet de la ministre. La Commission envoie ces rapports à deux fonctionnaires de la DGTA. Ces rapports n'ont pas été communiqués au gouvernement. Il est évident qu'il nous apparaît essentiel de faire la clarté. (...) Il nous a été communiqué qu'un suivi aurait été réalisé. (...) La sécurité des aéroports et des gares a été prise en compte dans les 400 millions d'euros dédiés à la lutte contre le terrorisme. Nous avons mis l'accent sur des moyens policiers en plus pour l'aéroport, pour Bruxelles et Charleroi". 

Le Premier ministre s'est engagé à "faire la clarté" sur les éléments qui posent question: "Je souhaite que le gouvernement, et en cela chacun de ses ministres, soit à la hauteur des enjeux", qu'il ne bloque pas "l'accès à la vérité", a-t-il précisé en se montrant discret sur la responsabilité politique de la ministre des Transports Jacqueline Galant.

Des explications qui n'ont pas convaincu les députés de l'opposition... "La ministre a reçu des documents. Elle savait", a répété Benoît Hellings. "Madame Galant doit partir", a répété Véronique Caprasse.

"Vous avez été prudent, monsieur le Premier ministre. Vous n'avez pas couvert votre ministre", a pointé Karine Lalieux.

 

 

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