Sécheresse : le manque d'eau agite le monde politique flamand

En Flandre, la sécheresse agite le monde politique, plus un jour ne se passant sans que le sujet ne suscite son lot de déclarations. Ce jeudi, c'est ainsi la ministre régionale de l'Énergie, Zuhal Demir (N-VA), qui a estimé qu'une consommation anormale d'eau pouvait justifier un surcoût financier pour les consommateurs dispendieux.

"Il est crucial que le prix de l'eau n'augmente pas pour les ménages mais ceux qui en consomment en quantité anormale devront payer un surcoût", a-t-elle déclaré en réaction à un article du Tijd faisant état du lancement d'une étude sur la possibilité d'introduire des tarifs variables pour l'eau au nord du pays.

Il ne s'agit toutefois que d'une étude et aucun projet concret n'est sur la table, a souligné la ministre. "Ceux qui consomment l'eau intelligemment doivent être récompensés par une facture plus basse, en tenant compte notamment de la composition du ménage. Le prix de l'eau n'augmentera pas. Ce qui augmentera, c'est le prix du gaspillage", a-t-elle insisté.

Captage d'eau

Mercredi, Zuhal Demir avait déjà plaidé pour que lui soit transférée la compétence d'interdiction du captage d'eau, actuellement du ressort des gouverneurs de province. Elle avait également fait part, au parlement flamand où elle était interrogée par des élus de tous les partis, de sa volonté de mettre sur pied une task force "sécheresse" - réunissant les gouverneurs, les gestionnaires des réseaux de distribution et des scientifiques - alors que la région est confrontée, plus tôt que les années précédentes, à un manque cruel d'eau.

La ministre avait par ailleurs indiqué qu'elle souhaitait examiner la possibilité d'obliger les communes à disposer d'un plan stratégique concernant l'eau de pluie. A l'heure actuelle, seules 18 communes flamandes ont développé un tel outil.

Également dans la majorité au nord du pays, le CD&V a quant à lui réclamé l'introduction d'un 'bonus infiltration', récompensant les consommateurs dont l'eau de pluie ne s'écoule pas dans le domaine public mais reste sur les terrains et y infiltre les sols. "Nous sommes dans une situation telle que nous ne pouvons pas nous permettre de laisser échapper la moindre goutte", a expliqué la parlementaire flamande Tinne Rombouts. Les chrétiens démocrates entendent aussi revoir la réglementation sur les citernes d'eau de pluie, avec un soutien financier pour ceux dépassant le minimum légal de 5.000 litres et la suppression du maximum de 10.000 litres.

Contrairement à la Wallonie et à Bruxelles où la situation de l'approvisionnement en eau est toujours sous contrôle, la Flandre est confrontée à une situation difficile, ce qui a conduit toutes les provinces flamandes a édicter, la semaine dernière, une interdiction du pompage de l'eau de certains cours d'eau. Fin avril, l'association faîtière des entreprises flamandes de gestion de l'eau et d'égouttage Aquaflanders avait déjà appelé les citoyens à ne pas utiliser l'eau du robinet pour arroser les pelouses et laver les voitures, le niveau des eaux souterraines en Flandre étant trop bas en de nombreux endroits.

Coup de chaud en Flandre (JT du 21/05/2020)

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