Sécheresse : les centrales nucléaires de Chooz, en France, sont à l'arrêt, le débit de la Meuse étant trop faible

La température de la Meuse est régulièrement relevée en aval des centrales de Chooz
La température de la Meuse est régulièrement relevée en aval des centrales de Chooz - © FRANCOIS NASCIMBENI - AFP

Ce mardi, le Centre régional de crise, le SPW et les producteurs et distributeurs d’eau potable se sont réunis à Namur. Comme ils le font régulièrement, ils ont dressé le bilan de la sécheresse qui affecte la Wallonie.

Les pluies des derniers jours et celles qui s’annoncent encore devraient stabiliser la situation mais les conséquences de la sécheresse s’accumulent.

Arrêt de la production électrique

La circulation sur les voies d’eau principales se complique. Depuis quelques semaines, le regroupement des péniches est nécessaire aux écluses pour limiter la perte d’eau à chaque mouvement.

Plus inattendu : la production électrique d’origine nucléaire est désormais réduite. Chooz, sur la Meuse, en France, a mis ses deux centrales à l’arrêt. Le débit du fleuve est trop bas depuis une douzaine de jours.

Dans ces circonstances, l’eau pompée pour refroidir les réacteurs et ensuite rejetée dans le fleuve, perturberait l’écosystème et l’approvisionnement en aval.

10% de la production nucléaire française

Techniquement, les centrales de Chooz pourraient fonctionner mais un accord belgo-français les en empêche. Dès que le débit descend sous les 22m³/seconde pendant 12 jours consécutifs, un réacteur doit s’arrêter. Si l’on passe sous les 20m³/seconde, les deux unités sont stoppées.

La perte n’est pas mince. Elle représente un dixième de la capacité de production nucléaire française.

Vulnérabilité nucléaire

Les étés mettent régulièrement en évidence la difficulté des sites nucléaires à s’adapter au changement climatique. La situation de Chooz n’a d’ailleurs rien d’exceptionnel : en automne 2018, elle a déjà dû se mettre en veilleuse pour les mêmes raisons.

Chaque année, EDF doit d’ailleurs stopper la production de plusieurs centrales : 22 réacteurs sur 58 ont été touchés par des arrêts ou des baisses de production ces 20 dernières années.

La nouvelle normalité

Depuis 4 ans, le scénario se répète. Le débit des cours d’eau ralentit, les prairies et les champs sont desséchés, les forestiers redoutent des incendies, certaines communes rationnent l’approvisionnement et une batterie de mesures sont prises pour économiser l’eau.

L’année prochaine, les prescriptions pourraient être structurées davantage. La ministre Tellier annonce en effet un plan sécheresse.

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