Schild & Vrienden: le fondateur exclu de l'université de Gand

Le recteur de l'Université de Gand l'a annoncé ce jeudi après-midi. Dries Van Langenhove, le président du mouvement d'extrême droite Schild & Vrienden, sera exclu de l'université de Gand. "Il n'y a plus de place pour lui", a déclaré Rik Van de Walle, recteur de l'UGent. Le recteur s'est dit  choqué après avoir visionné le reportage de "Pano" sur Schild & Vrienden

Le parquet de Gand a ouvert une enquête

Ce jeudi matin déjà, le parquet de Gand avait décidé d'ouvrir une enquête après la diffusion du reportage de la VRT. Les propos racistes, sexistes et antisémites tenus au sein de cette organisation flamande ont suscité l'étonnement et la réprobation du monde politique au nord du pays.

"On pourrait en rire. On pourrait le balayer comme une stupidité. Mais ce serait minimiser. C'est quelque chose qui doit nous inquiéter. Pas ma Flandre", a ainsi réagi sur Twitter le président du CD&V Wouter Beke. Du même parti, la ministre flamande de l'Enseignement, Hilde Crevits, s'est elle dite "très touchée". "Toute la semaine, on a parlé du niveau de notre enseignement. Après l'émission de mercredi soir, il est douloureusement clair que nous avons avant tout besoin de citoyenneté", a-t-elle écrit sur le réseau social.

"Aucun respect pour ceux qui pensent autrement. Rêver de gros bras et frimer avec des armes. Rire de bébés mourants et n'avoir que les valeurs occidentales à la bouche ? C'est une sorte de bouclier et d'amis dont personne n'a besoin", a pour sa part tweeté la secrétaire d'Etat à l'Egalité des chances, Zuhal Demir (N-VA). "Hier soir, j'ai vu des choses horribles. Ce n'est pas ma Flandre et ce ne sont pas mes valeurs", a renchéri, toujours sur Twitter, Theo Francken (N-VA), le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la migration. "La jeunesse flamande peut être plus résistante mais ça signifie qu'il faut lutter ensemble pour nos valeurs, et donc contre le racisme, l'antisémitisme et le sexisme. Une enquête devra montrer qui a posté/liké", a-t-il ajouté.

"Ça ne doit pas rester sans conséquence", a enfin réagi la présidente de Groen Meyrem Almaci, rejointe par la présidente de l'Open Vld, Gwendolyn Rutten. "Le fascisme menace jusqu'au cœur de l'université et du conseil de la jeunesse. Ca ne peut pas rester sans conséquence. Agir avec tous les moyens juridiques possibles", a tweeté cette dernière. Cette avalanche de réactions fait suite au reportage de la VRT, diffusé mercredi soir et consacré à "Schild & Vrienden". A la lumière des discussions tenues dans des groupes de chat que le magazine Pano de la chaîne flamande a infiltré, le mouvement conservateur y apparaît radical, raciste, sexiste et antisémite. 

Unia a contacté le parquet

Unia, l'ancien "Centre pour l'égalité des chances", a contacté le parquet ainsi que l'équipe de la VRT qui a réalisé le reportage. L'institution précise qu'elle tenait depuis longtemps à l'oeil le mouvement conservateur "Schild & Vrienden" et qu'elle avait reçu une série de plaintes à son sujet. "Nous sommes en train de rassembler nos différents dossiers sur "Schild & Vrienden" que nous avions depuis longtemps dans le viseur. Ce reportage les met lourdement en cause et nous utiliserons ce matériel devant la justice". 

Le reportage de la VRT a révélé les pratiques d'un mouvement qui, selon Unia, manie depuis longtemps le double discours. "Les nouveaux messages ont toutes les caractéristiques des incitations à la haine, à la discrimination et à la violence. Pour obtenir davantage de clarté, nous allons nous pencher maintenant juridiquement sur le sujet". 

Quatre membres du Conseil flamand de la Jeunesse font partie de "Schild & Vrienden"

Le Conseil flamand de la Jeunesse s'entretiendra dans les meilleurs délais avec les 4 membres de son conseil d'avis qui font partie de l'organisation "Schild&Vrienden". Il est vraisemblable que ces personnes seront exclues mais l'institution souhaite d'abord disposer de tous les éléments nécessaires avant de prendre une décision.

Selon le reportage diffusé jeudi soir par la VRT, la moitié des membres élus de ce conseil d'avis appartiennent à l'organisation d'extrême-droite et leur objectif était de saboter le fonctionnement de l'institution qui conseille le gouvernement flamand dans sa politique en matière de jeunesse.

"Nous nous doutons de qui il s'agit. Nous aurons, encore aujourd'hui, un entretien avec eux", a expliqué la porte-parole du Conseil.

Dans un communiqué publié sur son site internet, l'institution précise que les gens qui portent atteinte à la mission et à la vision portée par le Conseil flamand de la Jeunesse peuvent en être exclus.

"Au sein de notre organisation, que les choses soient claires, il n'y pas de place pour le racisme et la discrimination. Nous sommes effarés parce que nous avons vu dans le reportage. Nous nous distançons formellement de "Schild&Vrienden". La façon dont ils voient la société n'est pas la nôtre", a encore dit le Conseil sur twitter.

 

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