Sarkozy aurait fait accélérer le vote d'une loi belge pour favoriser des contrats

Pour plaire au Kazakhstan, Nicolas Sarkozy aurait fait accélérer le vote d'une loi belge
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Pour plaire au Kazakhstan, Nicolas Sarkozy aurait fait accélérer le vote d'une loi belge - © AFP PHOTO POOL FRED DUFOUR

Nicolas Sarkozy a-t-il influencé la loi belge? C'est la question posée cette semaine par le journal satirique Le Canard enchaîné. La loi visée concerne la transaction financière qui permet d'échapper à un procès contre le règlement d'une somme d'argent. La loi aurait été adoptée en urgence pour bénéficier au Belge d'origine kazakh Patokh Chodiev et à deux autres hommes d'affaires impliqués dans le scandale Tractebel. Un vrai scénario de roman qui met en cause un homme politique belge selon un document en notre possession.

Tout commence au Kazakhstan. Nicolas Sarkozy rencontre le président Nazarbaïev auquel il veut vendre des hélicoptères français. Le président kazakh solliciterait en contrepartie un petit service à l'ancien président français. Tirer d'embarras ceux que l'on nomme le trio kazakh dont la plus grosse fortune de Belgique, Pathok Chodiev. Ils sont embourbés dans un scandale de corruption dans l'affaire Tractebel. C'est en tout cas la version présentée par un journaliste du Canard enchaîné Hervé Lifran. 

Un parcours législatif atypique

Cette loi prévoit d'étendre les possibilités de transaction pénale. C’est-à-dire faire en sorte qu'une transaction financière puisse intervenir même si une instruction, voire un procès est en cours. La proposition de loi est déposée par 3 députés CD&V: Servais Verherstraeten, Sonya Becq, et Raf Terwingen. Elle sera votée en avril 2011 et elle tombe à pic pour sortir le trio kazakh de l'ornière. Le trio qui allègera son portefeuille de 22 millions d'euros.

C'est le parcours de cette loi qui pose question. Pour beaucoup, le lobby des diamantaires anversois avait aussi fait le forcing. Pour le professeur de procédure pénale Damien Vandermeersch,  la suspicion est de mise et il met en avant la volonté d'aucuns de faire passer un texte en force.

Alors simple Coïncidence? Non répond le journaliste du Canard enchaîné qui met en cause le vice-président du Sénat Armand De Decker. Il s'appuie sur un document que nous avons pu nous procurer... Il s'agit d'un rapport adressé à l'ancien ministre de l'intérieur français Claude Guéant par un certain Jean-François des Rosaies préfet de son Etat et ancien des services de Renseignements et qui dit : Mission accomplie.

Ce préfet des Rosaies, Armand de Decker avoue l'avoir côtoyé dans sa jeunesse. Il était certes l'avocat de Pathok Chodiev. Ni plus ni moins. Contacté par nos soins, Armand De Decker dément toutes ces allégations qu'il qualifie de fantaisistes.

Toujours est-il qu'en france on s'est finalement frotté les mains. L'entreprise aéronautique EADS a décroché le contrat de vente de 45 hélicoptères et la construction d'une usine avec le Kazakhstan.

"Le Canard" dit avoir des preuves

Interviewé par la RTBF, le journaliste du Canard Enchaîné Hervé Lifran a expliqué que "comme par hasard, le texte voté arrangeait les affaires des trois hommes d’affaires kazakh. Armand De Decker reconnait lui-même avoir joué un rôle et avoir discuté de la loi avec les Français".

Le journaliste dit trouver "étrange qu’Armand De Decker soit intervenu dans un dossier qui concerne le législatif et le judiciaire. C’est un maillon de la chaine qui a permis aux trois hommes d’affaires de sortir de cette nasse". Le journaliste fait aussi allusion aux relations entre Armand De Decker et Claude Guéant qui fut secrétaire général de Élysée avant de devenir ministre de l’Intérieur sous le président Sarkozy. "J’ai tout une série d’échanges de mails entre le conseiller diplomatique de Sarkozy pour l’Asie centrale, Claude Guéant et les avocats du trio Kazakh".


RTBF

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