Sarah Schlitz, secrétaire d'Etat à l'Egalité des genres : "À ce rythme, l'égalité salariale homme-femme sera atteinte en 2066 seulement"

Quel est l'impact de la crise sanitaire sur le sort des femmes ?  Comment relancer la société de manière plus égalitaire ? Comment dans le plan de relance, la dimension du genre sera-t-elle prise en compte ? En ce lundi 8 mars, journée internationale des droits des femmes, l'invitée de Matin Première est Sarah Schlitz, secrétaire d'Etat à l'Egalité des genres.

Soutenir les femmes victimes de violences

D'emblée, au micro de Thomas Gadisseux, Sarah Schlitz rappelle l'une des priorités du gouvernement actuel, à savoir la mise en place par le gouvernement du plan d'action visant à mieux soutenir les femmes victimes de violences. Alors qu'une plainte sur trois seulement abouti actuellement, ce plan est le fer de lance de la secrétaire d'Etat.  

Six milliards pour une société plus égalitaire 

Des violences exacerbées par la crise sanitaire, tout comme les inégalités sociales: "On sait que les femmes sont dans des positions sociales moins favorisées que les hommes. Elle occupent davantage de CDD, et donc, elles vont être davantage impactées lorsqu'une crise comme celle-ci se déclare. Je pense par exemple aux familles monoparentales," précise Sarah Schlitz.


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L'après-covid, l'occasion de relancer la société de manière plus égalitaire ? Une évidence pour la secrétaire d'Etat à l'Egalité des genres. "La Belgique a un plan de relance de 6 milliards et nous nous sommes mis d'accord pour que l'impact de chaque projet sur l'égalité hommes-femmes soit pris en compte. Pour moi il est essentiel que ces 6 milliards soient dépensés pour reconstruire une société plus égalitaire. Les femmes le méritent, ce sont elles qui ont été exposées en première ligne lors de cette crise". 

Mais pour Sarah Schlitz, égalité n'est pas la charité. C'est une question de justice sociale, notamment pour ne pas se priver de talents discriminés sur base du genre. "Tout ce gaspillage, il faut y mettre un terme". 

Différences salariales

Une discrimination incarnée par l'écart salarial, encore très élevé (environ 9,2%), même s'il se réduit. "Un écart qui se réduit trop lentement. à ce rythme là, l'égalité salariale homme-femme sera atteinte en 2066 seulement. Il existe une proposition au niveau européen qui a été déposée concernant la transparence salariale. Cela pour mieux appréhender les inégalités et permettre aux entreprises de générer des plans d'action."

La question des quotas

Autre chantier, les quotas. Actuellement, sur les 10.000 plus grandes entreprises belges, 60 % n'ont que des hommes dans leur conseil d'administration (récente enquête de Trends Tendance). Sarah Schlitz souhaiterait un système inspirés par nos voisins français : "En France, ils ont des quotas à 40% qui sont davantage contraignants". La contrainte, ou plutôt le respect des lois et normes déjà en vigueur, un point essentiel à traiter avant toute nouvelle réforme reconnaît cependant la secrétaire d'Etat.  


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Enfin, sur le gouvernement paritaire, cela a certainement créé un retentissement dans la société reconnaît l'élue Ecolo. "Avoir plus de femmes, cela aide, surtout avec des femmes qui sont conscientisées vis-à-vis de la question des genres. Cela aide aussi pour avoir une prise en compte des genres dans l'ensemble de la société et des ministères".

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