Sans papiers en grève de la faim : le gouvernement confirme qu’il n’ira pas vers une régularisation collective

La situation des 430 sans-papiers en grève de la faim depuis le 23 mai a fait l’objet de questions posées, à la Chambre, par une série de députés au Premier ministre et au secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Sammy Mahdi.

Face au Premier ministre et au secrétaire d’Etat, certains députés demandent au gouvernement de prendre ses responsabilités. "Il faut des critères", pour François De Smet, de Défi. Pour la cdH Vanessa Matz, "il faut sauter sur l’occasion pour faire une politique transparente et structurelle, prendre chaque cas individuel sur base de critères transparents et connus", en tenant compte que des gens sont là parfois depuis de nombreuses années.


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D’autres députés, comme le Vlaams Belang Dries Van Langenhove plaident pour la fermeté. L’indépendant Jean-Marie Dedecker estime que "toutes ces personnes ont été déboutées".

Dans ce dossier, le gouvernement ne compte pas changer son approche.

Le gouvernement ne veut pas faire d’exceptions

Le Premier ministre reconnaît qu’une "grève de la faim constitue un drame humain". Il en appelle à la "cessation de cette action".

Et alors que certains réclament que l’on se base sur des critères généraux pour statuer sur les dossiers des sans-papiers, le Premier ministre ne veut pas en entendre parler. Pour lui, la "seule manière, c’est en travaillant dossier par dossier". "Vous ne pouvez pas faire cela avec des critères qui figurent dans une loi", continue-t-il. Pour Alexander De Croo, "il n’est pas question de traitement collectif dans ce type de dossiers". "C'est l'approche de l'intelligence et du cœur", a-t-il ajouté, affirmant que la seule manière de prendre en compte la "vulnérabilité" de ces personnes, c'était un travail individuel comme le mènent l'Office des étrangers et le secrétaire d'État, Sammy Mahdi

Le Premier ministre évoque "l’accompagnement" et "le soutien" des éléments de l’accord de gouvernement.

Pas question de faire des exceptions pour le secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration Sammy Mahdi. "Les procédures doivent être les mêmes pour les uns et pour les autres", explique-t-il, en réponse à ceux qui dans une carte blanche ont demandé un traitement spécifique "pour ceux qui se cousent les lèvres".

Le secrétaire d'État a rappelé la position qui est la sienne depuis le début de l'action: il n'entend pas faire de la régularisation pour circonstances exceptionnelles fondée sur l'article de 9bis de la loi sur les étrangers un "nouveau canal de migration". "Cela ne me semble pas être une solution", a-t-il ajouté.   Il n'est donc pas question de mener des campagnes de régularisation comme en 2000 et 2009, ni même de trouver une solution ad hoc pour les grévistes de la faim. "Il faut trouver une solution structurelle", a souligné M. Mahdi

"Ce n’est pas évident de dire à quelqu’un désolé, ce ne sera pas possible, mais c’est mon devoir", poursuit Sammy Mahdi.

Sammy Mahdi a évoqué la possibilité d’organiser une "zone neutre" pour accompagner les personnes actuellement en grève de la faim. Mais, dit-il, "dans une série de cas, cela signifiera qu’il faudra une procédure de retour". Et, à ceux qui appellent à une régularisation, il répond "qu’on arrête de verser de l’huile sur le feu".

Grève de la faim des sans-papiers: JT 29/06/2021

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