Samusocial: Rudi Vervoort demande à Yvan Mayeur de "se poser la question de sa démission"

Le ministre-président de la région de Bruxelles-Capitale, Rudi Vervoort s'exprimait à 07h45 dans "Matin Première". La saga du Samusocial se poursuit, le PS bruxellois est dans la tourmente.

Le gouvernement bruxellois se penche ce matin sur un rapport accablant, dont nous révélions hier les grandes lignes. Rudi Vervoort trouve-t-il la situation acceptable? "J'ai un problème moral à plus d'un titre", a-t-il déclaré sur la Première estimant que même si la légalité était respectée, les politiques ne pouvaient plus se contenter de dire "je suis dans la légalité et pour le reste, circulez il n’y a rien à voir".

Pour ce qui est des rémunérations des administrateurs, Rudi Vervoort assure qu’il "ignorait que des jetons de présence avaient été versés". "Lorsque l’affaire Publifin a éclatée, on a envoyé un courrier tous azimut pour savoir ce qu’il en était chez nous, explique le ministre-président. On n’a jamais eu de réponse du Samusocial, donc on peut difficilement me demander si je suis content de voir ce qu’il se passe".

Mayeur profite des "interstices dans la législation bruxelloise"

Face aux demandes de clarté du gouvernement wallon, les dirigeants du Samusocial justifient leur attitude peu transparente par le fait qu’il s’agit d’une asbl privée. Mais le mandat d’Yvan Mayeur au sein du Samusocial est-il privé ou public? La réponse de Rudi Vervoort laisse entendre que le mandat est privé, même si c’est public "dans l’esprit". Yvan Mayeur est au cœur de récentes révélations sur la gestion controversée du Samusocial. Il aurait notamment, avec l'ex-patronne de l'association Pascale Peraïta, perçu en 2014 et 2015 deux tiers du budget prévu pour les administrateurs de cette asbl. "Il y a des interstices dans la législation bruxelloise, et on peut se glisser dans les interstices pour mettre en place des systèmes qui sont parfaitement légaux ", détaille le Rudi Vervoort. Selon la loi, un mandataire ne peut pas dépasser le plafond des 150% d’indemnité parlementaire. En défendant l’idée que son mandat au Samusocial est privé, Yvan Mayeur peut justifier que ce qu’il y perçoit n’entre pas dans le calcul des 150%.

Yvan Mayeur doit se dire: est-ce que je suis encore en situation d’exercer pleinement la charge et de ne pas abîmer le collectif?

Ce matin, dans les colonnes du journal "Le Soir", Yvan Mayeur fait un (léger) pas de côté, expliquant "se mettre en retrait des instances du parti", tout en gardant ses mandats. Quant à Rudi Vervoort, il ne demande pas la démission du bourgmestre de Bruxelles ce matin mais à la question: "Est-ce que vous lui demandez de se poser la question de sa démission?", le ministre-président de la région de Bruxelles-Capitale répond "oui, très clairement". "Je pense qu’Yvan Mayeur devra mener cette réflexion à terme et se dire: est-ce que je suis encore en situation d’exercer pleinement la charge et de ne pas abîmer le collectif ", prévient Rudi Vervoort.

Vers une régionalisation

Le Conseil d’administration du Samusocial a demandé ce mercredi que sa structure se transforme en structure publique. "Cela peut être multiple sur la forme, explique Rudi Vervoort. Cela peut être une association de l’ensemble des cpas bruxellois, cela peut rester une asbl mais sous contrôle public intégral".

Le ministre-président bruxellois se dit "énervé" et craint un scénario à la Publifin. "Si c’est pour revivre ce mauvais feuilleton, où on vous explique " allez vous faire cuire un œuf ", "cela ne vous regarde pas", des choses comme ça, c’est inaudible, je le dis très clairement, et je dis ça à l’adresse des responsables du PS", prévient-il.  Ambiance.

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