Salaires: les ministres français n'ont rien à envier à leurs confrères belges

Revenus bruts des chefs d'état européens
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Revenus bruts des chefs d'état européens - © RTBF

Le nouveau Premier ministre français Jean-Marc Ayrault n'a pas traîné en annonçant la décision symbolique de diminuer de 30% le salaire de ses ministres. Le gouvernement veut tourner la page de l'ère Sarkozy. Le gouvernement belge avait aussi procédé à quelques coupes, mais de manière beaucoup plus limitée.

C'est une mesure coup de poing qu'a décidé de prendre le nouveau pouvoir en place en France : le salaire du président de la République et de ses ministres est réduit de 30%. Pour François Hollande et son équipe, il fallait montrer l'exemple. Et, en temps de crise, tout le monde doit faire des sacrifices.

Concrètement, le salaire du président et du Premier ministre français passe de 21 300 euros à environ 15 000 euros brut par mois. Celui des ministres, de plus de 14 000 euros à environ 10 000 euros brut par mois.

En Belgique aussi, il y a eu du changement : en janvier dernier, juste après être entré en fonction, le gouvernement Di Rupo confirmait une baisse des salaires des ministres et secrétaires d'Etat. Il ne s’agit pas d’une diminution de 30%, mais de 5% seulement. Désormais, Elio Di Rupo et ses ministres gagnent 16 788 euros brut par mois. Les secrétaires d'état reçoivent un salaire de 15 936 euros par mois. A cette diminution, il faut ajouter une réduction du train de vie des cabinets ministériels, moins de collaborateurs et des budgets gelés. Mais il faut relativiser la baisse de 5% du salaire des ministres belges car elle est partiellement compensée par l'indexation. A ces salaires il faut parfois ajouter des avantages, comme un logement de fonction ou des frais de représentation. En Belgique, cela représente environ 2000 euros net par mois pour les membres du gouvernement fédéral.

"Elio Di Rupo ne gagne pas plus que son voisin français"

Alors, François Hollande doit-il envier son collègue Di Rupo? Pas vraiment, car les impôts sont plus élevés en Belgique, comme l’explique à la RTBF l’avocate fiscaliste Sabrina Scarna : en Belgique, on verse à l’Etat 50% de ce que l’on gagne, au-dessus de 35 000 euros, explique-t-elle. Alors qu’en France, on ne versera que 41% (c’est le taux maximal), à partir de 70 000 euros de revenu : "la progression est beaucoup plus lente en France et le taux marginal est moins élevé qu’en Belgique. Donc, Monsieur Di Rupo ne gagne pas plus que son voisin français, voire peut-être moins", précise cette avocate, car "l’impôt sur le revenu professionnel est le plus cher en Belgique. Si l’on prend le salaire du président français, qui semble à première vue moins important, il sera quasiment au même montant à la fin de l’année. En partant de moins, il arrivera à plus".

Si l’on observe le tableau ci-joint (voir ci contre en image) des revenus des chefs d'état européens, les Espagnols et les Portugais, touchés par la crise, ferment la liste. Alors que l'Allemagne, la Belgique et la France forment le top 3, en revenus bruts (avant impôts et cotisations).

Au niveau européen, on observe d'ailleurs cette même tendance à la baisse: l'Espagne, l'Italie, la Grande-Bretagne et l'Irlande ont également diminué les salaires de leurs ministres. Dans ces pays, la baisse ne dépasse jamais les 15%. Seule exception: l'Allemagne, où Angela Merkel a décidé d'augmenter sa rémunération et celle de ses ministres de 20% : une première en 12 ans.

A.L. avec C. Hick

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