Salaires des top managers: J.Galant pas d'accord avec A. De Croo. Quoique.

Les socialistes ne sont jamais parvenus à faire passer leur limitation barémique sous forme de loi. Tout ce qu'ils ont pu obtenir est une sorte de "gentlemen's agreement" entre les partis de la coalition précédente, portant sur la limitation à 290 000 euros par an de quelques fonctions de CEO dans certaines entreprises publiques.

Pour Alexander De Croo, c'est très clair : "Je suis beaucoup moins interventionniste que mon prédécesseur Jean-Pascal Labille (...), les conseils d'administration des entreprises publiques sont pour moi des organes dont l'autonomie doit être respectée, y compris en matière de norme salariale", affirme-t-il.

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Salaires des top managers: Galant pas d'accord avec De Croo © Tous droits réservés

Une proposition qui étonne Jacqueline Galant, MR, ministre du même gouvernement: "Ce sont des déclarations d'Alexander De Croo. Les engagements du précédent gouvernement seront évidemment respectés. Cela fera l'objet de discussions, mais ce n'est pas à l'ordre du jour".

Elle a précisé : "Pour les trois entreprises publiques qui sont sous ma responsabilité, la question ne se pose pas, le mandat est en cours. Pour les autres entreprises, le MR respecte l'accord de gouvernement : la décision est entre les mains des conseils d'administration."

Pourtant sur le blog de Charles Michel lui-même se trouve toujours un billet déclarant le caractère moralement inacceptable des rémunérations des patrons du secteur public.

Pourtant, de source proche du Premier ministre, on souligne que les déclaration d'Alexander de Croo sont dans la ligne de l'accord de gouvernement et de la volonté de dépolitisation des conseils d'administration.

Côté opposition, c'est une levée de boucliers

Les socialistes tout d'abord. Ils dénoncent une nouvelle injustice sociale à l'heure où le gouvernement met en place un saut d'index pour les travailleurs, il sonne le retour aux salaires fous des tops managers. Karine Lalieux, député PS, explique: "Nous voulions plafonner les salaires pour qu'il y ait moins différence avec le travailleur. Rien ne justifiait cet écart..." 

Les Verts dénoncent le laisser faire du gouvernement Michel. Ils s'en prennent aussi aux socialistes. Il faut bien constater, disent Ecolo et Groen, que malgré les déclarations musclées de l'ex-ministre Jean-Pascal Labille, les plafonds des rémunérations des tops managers n'étaient que des leurres. Rien n'a en effet été bétonné dans une loi...

"Inconcevable" pour la CSC

La CSC juge "inconcevable" que le vice-Premier ministre et ministre des Entreprises publiques, Alexander De Croo, estime que la limitation des salaires dans les entreprises publiques n'a jamais été coulée dans une loi et qu'il laissera les conseils d'administration régler les questions salariales. "En raison d'un blocage des salaires, les travailleurs perdent une partie de leur revenu. Ils subissent également un saut d'index. Les factures des ménages vont sensiblement augmenter. La sécurité sociale est soumise à des économies draconiennes. Les trois partis libéraux du gouvernement font obstacle à une fiscalité honnête et juste", a déclaré Marc Leemans, le président de la CSC. "Or, c'est précisément le moment que choisit le vice-Premier ministre De Croo pour abandonner la piste du plafonnement des salaires des top managers dans les entreprises publiques. Comment peut-on à la fois demander au groupe le plus taxé de la société de fournir tous les efforts et laisser les salaires des top managers s'envoler? Il est difficile de l'expliquer, même si certains s'y emploient de toutes leurs forces." "Le vice-Premier ministre De Croo estime donc que les négociations salariales doivent être libres. Il est convaincu que ces négociations peuvent être confiées aux conseils d'administration. Or, les salaires des travailleurs ne peuvent pas être négociés librement. La preuve: le saut d'index et le blocage salarial sont des mesures interventionnistes unilatérales du gouvernement dans la formation des salaires et sans concertation sociale. La liberté de négocier les salaires est manifestement une prérogative limitée à quelques privilégiés", conclut le président de la CSC.

 

RTBF

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