Salaire minimum interprofessionnel : la FGTB continue à réclamer 14 euros de l'heure

Salaire minimum interprofessionnel: la FGTB continue à réclamer 14 euros de l'heure
Salaire minimum interprofessionnel: la FGTB continue à réclamer 14 euros de l'heure - © OPHELIE DELAROUZEE - BELGA

La FGTB refuse de signer cet après-midi une convention collective qui prévoit l’augmentation de 1,1% du salaire minimum interprofessionnel. Elle attend au préalable un accord sur une augmentation complémentaire substantielle, et elle garde comme objectif un salaire minimum interprofessionnel à 14 euros de l’heure.

Ce refus sonne donc pour l'heure l’échec des négociations au sein du groupe des Dix (qui rassemble les employeurs et les syndicats) sur cette question. La FGTB dénonce ce qu’elle appelle "un chantage des employeurs" qui lient un accord sur une augmentation supérieure à 1,1% à un accord sur un autre dossier : celui des préavis.

L’accord interprofessionnel et une augmentation de 1,1%

Lors du dernier accord interprofessionnel, patrons et syndicats s’étaient accordés sur une augmentation du salaire interprofessionnel de 1,1%. Mais la FGTB, qui jugeait cette augmentation insuffisante, avait rejeté l’accord interprofessionnel. Elle refuse depuis de signer une convention collective qui accorderait cette augmentation de 1,1% si un accord n’est pas trouvé sur des augmentations complémentaires. Depuis le mois de juin, employeurs et syndicats tentent donc de trouver un accord pour aller au-delà au sein du groupe des Dix.

La dernière réunion du groupe des Dix mi-octobre s’est soldée sur une proposition que refuse aujourd’hui la FGTB. "Nous restons cohérents", explique Robert Vertenueil, le président de la FGTB. "Il n’est pas question de vendre notre âme pour une aumône, sans avoir d’engagements sur une véritable augmentation, d’autant que les employeurs exigent que cela ne leur coûte rien, en clair que cela soit à la charge de la sécurité sociale (via des baisses de cotisations sociales). Et en plus, il faudrait que nous fassions des concessions sur un dossier qui n’a rien à voir, celui des préavis. Nous n’acceptons pas d’entrer dans ce jeu-là."

Robert Vertenueil qui rappelle qu’une augmentation de 1,1% cela ne représente "que 10 centimes de l’heure, et 17 euros brut par mois, ce n’est pas sérieux par rapport aux travailleurs pauvres".

Lors des négociations en septembre, le chiffre d’une augmentation de 3,5% au total (1,1% en 2019, puis 2,4% en 2020) a été évoqué, mais "il ne se retrouve même pas dans la proposition émise à l’issue de la dernière réunion du groupe des Dix", déplore encore le président de la FGTB.

Les employeurs veulent aussi un accord sur le dossier des préavis.

Ce dossier sur les préavis concerne l’application toujours en attente d’un article 39 ter de la Loi sur les contrats de travail, introduit il y a 5 ans maintenant. Cet article prévoit que sous certaines conditions, lors d’un préavis supérieur à 30 semaines, 30% de l’indemnité de licenciement accordée au travailleur soit affectée à la formation de celui-ci pour l’aider dans sa recherche de travail. Reste à définir les modalités d’application de cet article. Et c’est là que cela coince. Les syndicats ne sont pas très chauds de voir le coût de la formation et donc de l’outplacement désormais supporté par le travailleur et non plus l’employeur. Ce dossier a par ailleurs des implications multiples, et techniques. Par exemple en ce qui concerne les allocations de chômage. Si l’indemnité de préavis est amputée de 30%, le travailleur devrait pouvoir percevoir plus vite des allocations de chômage s’il ne retrouve pas du travail. Les employeurs veulent aller vite pour éviter les sanctions que prévoit la Loi si les modalités d’application ne sont pas définies.

"Inacceptable" pour la FGTB qui a réuni aujourd’hui son bureau fédéral.

Cette augmentation de 1,1% aurait déjà pu bénéficier aux travailleurs depuis le 1er juillet, en attendant un accord sur des augmentations complémentaires qui sont effectivement nécessaires, explique la CSC. Soit une perte financière pour quelques 68.000 personnes touchant un salaire minimum, qui atteindra 90 euros, fin novembre. "Comment peut-on préférer ne rien donner parce qu'on estime que l'augmentation n'est pas suffisante?", s'interroge Mario Coppens, président du syndicat libéral. En agissant de la sorte, le syndicat socialiste "refuse une augmentation aux travailleurs qui en ont le plus besoin", commente également de son côté l'administrateur délégué de la FEB, Pieter Timmermans. 

 

 

 

 

 

 

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