Salah Abdeslam: la PJ informée d'un risque d'attentat dès l'été 2014 selon le député Georges Dallemagne

Salah Abdeslam: la PJ informée d'un risque d'attentat dès l'été 2014 selon le député Georges Dallemagne
Salah Abdeslam: la PJ informée d'un risque d'attentat dès l'été 2014 selon le député Georges Dallemagne - © DSK - AFP

La police judiciaire fédérale était-elle au courant d’un risque d’attentat en lien avec les frères Abdeslam dès l’été 2014, soit quelques mois avant la fusillade de Verviers ?

Plusieurs médias l’affirment depuis mardi évoquant les auditions dans le cadre de l’enquête menée par le Comité P, la police des polices.

Le parquet fédéral confirme l'existence d'une information parvenue en juillet 2014 mais où il ne serait pas question d'attentat, ni explicitement des frères Abdeslam. Il serait question d'Abdel Hamid Abaaoud et de deux frères.

Mercredi le député Georges Dallemagne (cdH) en commission de l'Intérieur a interpellé le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA). Pour lui le parquet fédéral n’a pas été informé correctement.

"J'ai reçu des confidences de sources directes qui confirment que des éléments précis crédibles faisaient état d'une menace d'attentat de la part des frères Abdeslam. Il semble que dès l'été 2014, ils ne s'en cachaient pas auprès de leur entourage. Mes sources précisent également qu'il y a eu deux alertes. A l'été 2014 et d'autre part au début de 2015. En outre il était évident pour tout le monde qu'il y avait des relations quotidiennes ou quasi-quotidiennes entre les frères Abdeslam et Abdelhamid Abaaoud"

Comment expliquer que le parquet fédéral livre une version différente de ce qui s’est passé durant l’été ? 

Deux hypothèses apparaissent : la première, la ou les sources de Georges Dallemagne ne sont pas fiables. 

Seconde hypothèse : le parquet fédéral n'a pas été correctement informé sur ce que savait précisément la police judiciaire fédérale durant l'été 2014.

Il y aurait eu dans ce cas rétention d'informations. Il appartient maintenant aux enquêteurs du Comité P, la police des polices, de tirer tout cela au clair. L'enquête n'est pas terminée.

Nos confrères de La Dernière Heure évoquait ce matin la nuit du 10 au 11 juillet 2014 comme le moment où l’information est parvenue à la police fédérale.

Le policier qui a recueilli "les informations" les a jugées suffisamment importantes que pour réveiller en pleine nuit le patron du service anti-terroriste.

On imagine que ce n’est pas juste pour évoquer la "simple radicalisation" de deux frères à Molenbeek. Le policier devait en toute logique disposer d’informations beaucoup plus inquiétantes, pour décider d'informer sa hiérarchie et par du même coup se couvrir au cas où.

Dans ce contexte, que s’est-il réellement passé avec les informations recueillies ? A qui ont-elles été transmises et quel suivi a-t-il été effectué ? De tout cela qu’est-ce qui est remonté vers le parquet fédéral durant l'été 2014 ? Mais aussi jusqu'à aujourd'hui ?  Y-a-t-il eu rétention d’information?  La réponse devrait venir de l'enquête en cours au Comité P.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK