S. Vanackere (CD&V): "Ne pas prendre de risques n'est pas très rationnel"

Steven Vanackere, dans les studios de Matin Première ce mardi
Steven Vanackere, dans les studios de Matin Première ce mardi - © HER- RTBF

Invité de Matin première ce mardi, le ministre CD&V des Finances a tenté d’expliciter ses déclarations des derniers jours. A-t-il poussé à privilégier les actions en Bourse ? «C’est un raccourci», répond-il. «Il s’agit de faire en sorte que les PME de chez nous soient plus capables d’obtenir du capital à risque, des fonds propres». Mais le ministre a d’abord tenu à relativiser le débat à propos des déclarations d’Elio Di Rupo sur la N-VA.

Le parti nationaliste est-t-il "très dangereux",  comme le disait le Premier ministre ce dimanche ? "Pour un parti qui se veut séparatiste, qui dit ça dans son programme en toute clarté, comment un Premier ministre pourrait-il répondre différemment à la question ?", rétorque Steven Vanackere. Dire l’inverse serait même "insultant pour les membres et les militants de la N-VA", ajoute-t-il, "ceux qui prétendent qu’un parti qui se veut séparatiste ne pose aucun problème pour la survie du projet fédéral de la Belgique" n’étant pas très crédibles à ses yeux. 

"Elio Di Rupo a ma confiance totale"

Le ministre des Finances du gouvernement Papillon estime qu’Elio Di Rupo n’a fait que répondre, somme toute honnêtement, aux questions des journalistes à ce propos. Mais il relativise : pourquoi pose-t-on toujours ces mêmes questions ? se demande-t-il d’abord ; pour ensuite insister sur "le manque d’utilité de ce débat".

Confédéralisme? Le ministre CD&V assume le terme, adopté au sein de son parti au Congrès de Courtrai. Qu’il définit : "plus d’autonomie dans la gestion des compétences", en reconnaissant que les termes propres à la situation politique de la Belgique doivent souvent être redéfinis. Mais, souligne Steven Vanackere, "la sixième réforme de l’Etat, à condition qu’elle soit exécutée complètement et que tout le monde y collabore de façon loyale est quelque chose  qui nous apporte ce que nous souhaitions à Courtrai". Le ministre souhaite manifestement pacifier le débat. Parlant du Premier, il précise : "Il a ma confiance totale, c’est clair. Chaque ministre s’exprime comme il l’entend. On doit pouvoir répondre aux journalistes ; et dire le contraire de ce qu’il a dit ce serait bizarre".

Prendre le risque de la Bourse: pas obligatoire, mais plus rationnel

230 milliards d’euros : c’est le montant total de l’épargne en Belgique, souligne le ministre des Finances ; "C’est plus de 20 000 euros par Belge qui sont immobilisés sur les comptes d’épargne", s’exclame-t-il.  "Je ne dis pas à tout épargnant: mettez une partie de votre épargne dans le capital à risque", veut-il préciser. Chacun garde le choix de ne pas prendre de risques. "Mais avec le taux d’intérêt aujourd’hui ceux qui ne veulent pas de risques, ils se condamnent à avoir des rendements sur leur épargne qui n’équivaut même pas à l’inflation". Stimuler l’épargne permettra aux PME d’augmenter leur capital propre, car "il ne faut pas oublier que  pour entreprendre, il ne faut pas simplement être capable d’emprunter de l’argent. Il faut bien sûr aussi être capable de démontrer un capital propre qui permet d’expliquer aux banques que ça vaut la peine d’emprunter de l’argent."

Mais le gouvernement s’attaque aussi aux problèmes d’emprunt, affirme le ministre. "Rendre le crédit plus aisé pour les entreprises, ça a été un chantier, notamment dans les discussions budgétaires il y a quelques mois". Steven Vanackere veut démontrer que le gouvernement planche sur la question et explore bien d’autres pistes. "On est arrivé avec une solution : l’emprunt citoyen ou populaire, qui doit servir à être mobilisé pour des investissements dans des infrastructures à long terme, comme maisons de repos ou des hôpitaux", explique-t-il.

Mais il tempère aussitôt : "Tout ce que le gouvernement peut faire est rester dans l’ordre de l’épure budgétaire", conclut-il. Avant de prédire une nouvelle année de rigueur. "C’est la meilleure façon de garantir la confiance, essentielle pour la croissance".

W. Fayoumi

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