S. Kubla: "Quasi impossible" pour M. Daerden de continuer

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Le dossier anonyme qui accable Michel Daerden, et le débat sur l'identité wallonne : deux beaux os à ronger pour Serge Kubla, chef de groupe MR au Parlement wallon et invité de Matin Première. Le bouledogue se régale.

Serge Kubla était membre du gouvernement wallon, avec Michel Daerden, lorsque certains contrats de révisorat litigieux ont été conclus. Il se défend de n'avoir rien vu : "Je ne sais pas si personne n'a rien vu. Il y avait une inspection des finances qui était chargé de veiller à tout cela ; et puis c'étaient souvent des décisions des conseils d'administration !". Mais le patron du MR wallon reconnaît "avec le recul", que les acteurs de l'époque ont "peut-être été un peu indifférents à cette dimension-là". Mais "on ne nous a pas alertés en nous disant 'faites quand même un peu attention à cette omniprésence'... C'était une espèce de ronron (...) et ça se décidait au niveau des conseils d'administration". S'il dit ne pas se souvenir d'avoir jamais désigné le bureau révisoral des Daerden, il reconnaît aussi que ses délégués dans les différentes assemblées ne s'y sont jamais opposés non plus. "Donc on a, dans une certaine mesure, couvert ce fonctionnement à l'époque", avoue-t-il.

"Que le parti socialiste prenne ses responsabilités"

De là à supposer que Michel Daerden lui-même ne savait pas qu'il se trouvait dans des situations d'illégalité, il y a un pas que Serge Kubla ne franchit pas tout à fait : "Je pense que c'est la justice qui nous dira, je l'espère le plus tôt possible, ce qu'il en est". "Il avait certainement un sentiment d'impunité et de généralisation de son système : ça allait tout seul et ça roulait... Personne ne se mettait en travers et voilà. Puis on s'est réveillé un jour", explique Serge Kubla. Car pour lui la société a changé : elle est devenue beaucoup plus exigeante en matière d'éthique et de transparence. Et s'il dit prendre le dossier anonyme concernant les Daerden père et fils avec des pincettes, il relève cependant que ce document semble établir qu'il existait des conflits juridiques, exigeant que la justice fasse la clarté.

"Par ailleurs, que le parti socialiste prenne ses responsabilités aussi", dit Serge Kubla, qui ajoute : "Moi j'ai des inquiétudes pour la matière que doit gérer monsieur Daerden. Est-ce qu'il est en mesure aujourd'hui de jouer pleinement son rôle ?". Une question à laquelle il donne sa propre réponse : "J'étais un peu perturbé par les images de cette réunion de commission où il était quasiment seul, où les bancs se vidaient et les caméras le prenaient non pas pour ce qu'il allait dire sur les pensions, mais pour les problèmes qui lui collent à la peau. Et je me dis 'comment dans un tel climat peut-il faire avancer une réflexion sur un dossier essentiel pour tous les Belges' ? J'ai le sentiment que ça devient quasiment impossible". Mais "c'est à lui de décider...", conclut, patelin, le libéral.

Le débat sur l'identité, c'est "s'amuser à regarder notre nombril"

L'autre dossier chaud, c'est le débat sur l'identité wallonne que souhaite lancer Rudy Demotte. "Complètement inutile !", tranche sans ambage Serge Kubla. Lorsque, dit-il, tous les indicateurs montrent que la Wallonie est confrontée à une "crise sans nom", "les Wallons ne se demandent pas quelle est leur identité". "Je pense que c'est un peu superfétatoire et que ça ne va déboucher sur rien de concret", souligne Serge Kubla. "Ça va peut-être flatter quelques romantiques, quelques nostalgiques et peut-être quelques autonomistes, mais ce n'est pas là-dessus qu'on va construire", dit-il.

Est-ce à dire que le MR ne prendra pas part aux débats parlementaires à ce sujet ? "Ce n'est en tout cas pas la priorité du moment, celui qui ne comprend pas ça est aveugle", tranche-t-il, estimant que les Wallons sont bien davantage préoccupés par toute une série de réalités comme leur emploi, leur logement, leur mobilité... Il rappelle un sondage qui avait été fait sur le sujet, et qui montrait d'après lui que les Wallons se sentaient d'abord belges, puis européens, et puis francophones "et enfin très peu wallons". Selon lui, il faut donc d'abord redresser la Wallonie, dans une alliance entre le monde politique et le monde économique et social, ce qui permettrait ensuite de créer un attachement à la dimension wallonne. Entre-temps, choisir entre  Région wallonne ou Wallonie, "c'est vraiment peu essentiel".

Thomas Nagant

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