"C'est assez amusant de revoir mes anciens collègues de la Volksunie"

S. Gatz (Open VLD): "C’est assez amusant de revoir mes anciens collègues de la Volksunie"
S. Gatz (Open VLD): "C’est assez amusant de revoir mes anciens collègues de la Volksunie" - © JONAS ROOSENS - BELGA

Sven Gatz (Open VLD) est de retour en politique. Après trois ans passés à la direction des Brasseurs belges, il devient ministre flamand de la culture, de la jeunesse, des médias et des Affaires bruxelloises.

Pour ce libéral modéré, le retour en politique semblait une surprise: "Je n’aurais certainement pas imaginé une semaine comme ça. Mais j’ai replongé dans la politique, je suis prêt et assez excité", dit-il.

Si Sven Gatz se dit satisfait, il ne nie pas que sa nomination a provoqué certains remous dans le parti. "C'est toujours un peu le cas quand il y a des nouveaux ministres. C'est une lourde responsabilité de la présidente du parti, elle a fait un choix en bonne conscience. Il est vrai que je n'ai pas participé aux dernières élections, mais j'ai fait mes scores jusque avant (...) Le système est conçu pour qu’on puisse nommer des ministres qui ne sont pas issus directement des dernières élections".

On se souvient que Sven Gatz avait tourné le dos à la politique, il y a quelques années. "Je n'étais pas dégoûté mais j'avais fait le tour: quatre ans de cabinet, et seize de parlement..."

Aujourd'hui, le Bruxellois se définit comme bâtard: "C'est une traduction de zinneke. Pendant longtemps milité dans la Volksunie aux côtés de Vic Anciaux. Mais j’ai vu que Bruxelles changeait. Mais la ville s’internationalisait, je me suis posé certaines questions sur mon identité". Fils d'une mère francophone et d'un père flamand, il est retourné à "(ses) racines", et "revu (son) identité".

Choix socio-économiques plus que communautaires

Et de relativiser l'empreinte "nationaliste" dans le nouveau gouvernement flamand: "Je pense que c’est d’ailleurs toujours le cas même avec les évolutions flamandes et fédérales, il y a plutôt une demande d’un jeune électorat vers des choix socio-économiques clairs, plutôt qu’un choix dur pour le communautarisme... On aura le débat avec mes collègues. Parce qu'avec ce choix, il faut positionner la Flandre, Bruxelles et la Belgique dans un contexte international".

Un ministre bruxellois

Et le nouveau ministre flamand insiste: "Bruxelles est une région à part entière". Et puisque Sven Gatz a la culture dans ses attributions, il a déjà pris contact avec Joëlle Milquet, son homologue à la Communauté française. "J'ai eu une réponse chaleureuse. On va se rencontrer et voir comment on va collaborer".

Et d'insister, comme pour exorciser une participation à un gouvernement où des ténors nationalistes auront beaucoup de place: "J'ai toujours été au milieu: je suis flamand et Bruxellois (...) Mais revoir mes anciens collègues de la Volksunie, c’est assez amusant".

Sven Gatz ne le nie pas: sur la question bruxelloise, "il y aura toujours des tensions". Mais si le concept de communauté métropolitaine ne se trouve pas dans l'accord de gouvernement, "on a fait le choix de faire des collaborations interrégionales, même si le symbole métropolitaine n’y est pas. Et il n' y aura pas de soucis si mes collègues veulent collaborer en mobilité, aussi en d’autres matières". Mais concrètement ? "On va aller pas à pas", répond Sven Gatz, optimiste.

Une austérité "temporaire"

Si Sven Gatz met les choix socio-économiques de la majorité flamande au centre des préoccupations des Flamands, il n'accepte pas qu'on le cantonne dans le rôle de l'alibi "libéral social" du gouvernement. "C'est à moi de relever le défi. Sur les choix socio-économique, je partage tout à fait les options du gouvernement".

"Si on parle d'austérité, c'est temporaire, c'est un choix budgétaire", ajoute-t-il quand on lui pose la question sur les économies prévues dans l'enseignement et dans d'autres domaines. "Il faut faire ce qu’on doit faire. En même temps, je vais surtout m'occuper de culture, pour faire respirer le gouvernement". Pas de crainte pour les institutions qui ne plaisent pas au gouvernement flamand? "Non! Ni dieu ni maitre pour la culture", répond-il.

W. Fayoumi

 

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