Rudy Demotte s'oppose à toute "déconstruction" et à tout "repli"

Rudy Demotte, ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles
Rudy Demotte, ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles - © RTBF

Rudy Demotte, ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, était l'invité de Matin Première. Il refuse la polémique et s'oppose formellement à toute "déconstruction" et à tout "repli wallon". L'invité de Bertrand Henne évoque aussi notamment l'ajustement budgétaire auquel la Wallonie devra faire face.

Le PS bruxellois juge que la Fédération Wallonie-Bruxelles est trop wallonne et Jean-Claude Marcourt trouve qu'il faut la déconstruire pour renforcer les Régions. Rudy Demotte refuse la polémique et estime au micro de Matin Première qu'il est "indispensable" d'avoir un "pont" entre Wallons et Bruxellois. Et la Fédération est une articulation qui permet une certaine "solidarité entre deux espaces". L'important est de se soucier du bien-être des gens, rappelle le ministre-président.

Encore des divisions au sein du PS. On retiendra les propos de Philippe Moureaux sur Twitter, toujours au sujet de Jean-Claude Marcourt arguant que "le repli wallon revient à l'ordre du jour, l'imagination doit être au pouvoir à Bruxelles, il faut envisager des scénarios déchirants".

Peut-on dès lors parler de "rupture" entre PS wallon et PS bruxellois à propos de l'avenir de la Fédération Wallonie-Bruxelles ? "Chacun s'exprime librement", commente le ministre-président de la Fédération. "Il ne faut ni déconsidérer les intérêts de Bruxelles en tant que Région, ni ceux de la Wallonie. Je ne suis donc pas favorable à une forme de repli quelconque", juge-t-il.

La Wallonie aura aussi son ajustement budgétaire

L'année 2012 sera-t-elle une année de récession en Wallonie ? "Nous allons vivre ce que la planète entière vit en ce moment", "nous allons nous livrer à un exercice d'ajustement budgétaire parallèle à celui du fédéral. Et c'est clair qu'au bout du chemin, des économies nouvelles seront nécessaires".

Rudy Demotte explique qu'ils vont travailler sur deux paramètres. Une perte de recettes (en fiscalité automobile, dans le domaine immobilier, ...) d'une part et dans les dotations, d'autre part. "Et quand on fait le calcul de ces deux paramètres, on arrive à plusieurs centaines de millions", juge le ministre-président de la Fédération, sans avancer de chiffre précis.

De la pédagogie avec la CGSP

Se sentant "trahie, humiliée et abandonnée" par le PS, la CGSP s'est invitée aux bons vœux socialistes dans le Hainaut, chez Elio Di Rupo et Rudy Demotte, notamment. L'invité de Matin Première estime avoir fait preuve de pédagogie avec ses "visiteurs" en leur rappelant la situation délicate dans laquelle se trouve la Belgique actuellement. Et que les mesures prises sont des mesures "utiles en termes de resserrement des budgets".

De son côté, Elio Di Rupo s'est montré plus dur. Il a répondu qu'en continuant de la sorte, la CGSP nous mènerait à l'"abîme" pour reprendre les mots du premier ministre.

Le très mauvais procès à Paul Magnette

La semaine passée, Paul Magnette tirait à boulets rouges sur la Commission européenne dans Matin Première. Pour Rudy Demotte, "c'est un très mauvais procès qu'on a fait à Paul Magnette", juge le ministre-président en se qualifiant de "fédéraliste européen convaincu". "L'Europe joue son rôle de gendarme financier. Mais où est l'Europe économique, celle qui ose entreprendre et proposer ? Celle-là est absente".

"Réfléchissons à notre avenir dans les institutions qui existent"

Le quotidien Le Soir évoquait ce lundi matin l'existence d'un plan "W" discutant d'un projet de redressement accéléré de la Wallonie. Jean-Claude Marcourt ferait partie de ce groupe, affirme le quotidien. Pour sa part, Rudy Demotte explique qu'il fait partie de deux groupes : le gouvernement de la Wallonie et le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. "A côté de cela, depuis plus d'un an, nous avons un petit groupe de travail qui tente de voir comment les nouvelles compétences vont être exercées". "Nous n'avons pas intérêt aujourd'hui à multiplier les groupes de travail". "Réfléchissons à notre avenir dans les institutions telles qu'elles existent", affirme-t-il.

Et le centre sportif de haut niveau ?

Où se situera le futur centre sportif de haut niveau ? Rien n'est encore décidé. "Je n'ai pas peur du temps qui passe pour bien décider", lance Rudy Demotte. La décision sera-t-elle prise en 2012 ? "Nous sommes dans des dossiers complexes, des dossiers sur la table progressent, les données chiffres ont été affinées, de nouveaux paramètres ont été donnés. Nous déciderons quand les dossiers seront finalisés". Toujours aucune date précise, donc.

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