Rudy Demotte (PS) : "Un gouvernement minoritaire est une véritable aventure"

Rudy Demotte (PS): "Un gouvernement minoritaire est une véritable aventure"
Rudy Demotte (PS): "Un gouvernement minoritaire est une véritable aventure" - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Depuis ce dimanche, PS et Ecolo ont entamé officiellement les négociations pour mettre sur pied une coalition au niveau wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Problème : cette coalition, sur le plan mathématique, n’a pas de majorité. Et l’idée d’un gouvernement minoritaire, travaillant avec la société civile, est toujours évoquée et d’actualité.

Mais voilà, au PS, bon nombre se posent des questions sur sa faisabilité. Il y a deux jours, pour Rudy Demotte, ministre-président sortant du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ce serait un contexte plutôt compliqué : "Lorsqu’on a, par rapport à tous les textes qui doivent organiser la société et qui passent devant le Parlement, aucune certitude de pouvoir s’appuyer sur des groupes majoritaires, c’est une véritable aventure". Christophe Collignon, le nouveau président du Parlement de Wallonie, est aussi sceptique. "C’est assez atypique. Il y a l’exemple d’autres pays où cela fonctionne. Je suis ouvert aux choses mais a priori, il est préférable de démarrer la législature avec une base un peu plus solide. La précédente législature wallonne l’a démontrée."

Pierre-Yves Dermagne: "Un gouvernement minoritaire ne serait pas contraire au mode de fonctionnement d’une région"

Pierre-Yves Dermagne, le chef de groupe PS au parlement de Wallonie, se veut plus positif par rapport à l’idée. "La démocratie est faite de compromis, de négociations, de débats et donc, mettre en place un tel gouvernement n’est pas quelque chose qui est a priori contraire au mode de fonctionnement d’une région ou d’un pays."

Et Pierre-Yves Dermagne prend en exemple ce qui s’est passé côté wallon suite au départ de Patricia Potigny du MR vers les Listes Destexhe en mars dernier. Un choix qui a rendu le gouvernement Borsus, MR-CDH, sans majorité. Pour Pierre-Yves Dermagne, cela a permis à l’opposition et notamment au PS de pouvoir être impliquée dans des décisions. "On est parvenu à faire avancer certains textes en trouvant des compromis qui n’étaient pas des compromis à la petite semaine ou au rabais."

Le PS se pose beaucoup de questions

Bon nombre de parlementaires PS s’interrogent sur la faisabilité d’un gouvernement minoritaire et, dans le même temps, ils expliquent que chez les militants, s’associer au MR passe mal et difficilement. Et donc, pour eux, la priorité est de continuer avec Ecolo sans trop s’avancer sur la suite des événements. Un éventuel retour du cdH ou plutôt l’arrivée du MR ne sont pas exclus non plus. Un contexte différent de 1999 lors de la mise en place du premier et seul gouvernement arc-en-ciel associant socialistes, libéraux et écologistes. A l’époque, PS et MR avaient prévu de monter à deux au pouvoir et ils sont allés chercher Ecolo vu ses résultats électoraux.

Aujourd’hui, PS et Ecolo travaillent à 2 et ce serait le MR que rouges et verts pourraient aller rechercher. Le rapport de forces serait différent. Seule certitude : l’été risque d’être chaud… et pas seulement sur le plan climatique.

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