Rudy Demotte veut un nationalisme "positif" et la N-VA s'en félicite

Rudy Demotte
Rudy Demotte - © BRUNO FAHY - BELGA

Il y a bon nationalisme... et mauvais nationalisme! Cette distinction un peu surprenante est conceptualisée par Rudy Demotte. Le ministre-président wallon assistait mardi à Namur à la présentation du programme des prochaines Fêtes de Wallonie. Des fêtes qui sont, selon lui, un "événement nationaliste". Mais attention, un nationalisme "positif"... Une sortie qui n'a pas plus à tous...

C’est un des engagements qui figurent dans le programme du gouvernement régional : affirmer l’identité wallonne. "Donner aux Wallons la confiance dont ils manquent parfois", dit Rudy Demotte. Mais cette fois, le ministre-président parle carrément de nationalisme wallon. Nationalisme, le mot est fort. Alors Rudy Demotte insiste pour qu’il soit bien compris. "Je n’adhère pas à un nationalisme pur et dur" précise-t-il. Pour le Premier wallon, il s’agit avant tout de reconnaître une réalité: "Les Wallons constituent un ensemble d’un peuple uni". Un peuple wallon uni mais qui n’aurait pourtant pas développé de sentiment d’appartenance régionale à l’instar d’un certain mouvement flamand. "On ne s’est peut-être pas senti aussi à l’aise dans la définition de son identité. Aujourd’hui, on commence à en parler avec fierté..."

La comparaison avec le nord du pays s’arrête là pour le socialiste, Rudy Demotte qualifiant d’ailleurs le nationalisme flamand de nationalisme de repli. "Le nationalisme flamand est devenu une espèce de venin pour la Belgique", dit Rudy Demotte. Le nationalisme wallon, selon lui, n’aurait au contraire rien de péjoratif, il serait même parfaitement compatible avec la nouvelle structure de l’état fédéral. "Cet esprit est un esprit d’une brique dans un mur. C’est une pièce qui consolide finalement l’ensemble".

Geert Bourgeois (N-VA) comme allié

A l'analyse, difficile d'imaginer que Rudy Demotte n'ait pas prémédité cette sortie. L'homme est posé et n'a pas l'habitude de déraper. Alors, souvent débordé sur le terrain du "régionalisme" par son collègue Jean-Claude Marcourt, notamment, il a peut-être tenté une manœuvre de recentrage, à l'aube d'une importante année politique. Mais, même s'il a bien précisé les contours de sa vision plus positive du nationalisme, cette stratégie pourrait s'avérer périlleuse.

Le MR a critiqué cette sortie. "Il n'existe pas de bon et de mauvais nationalisme; il n'y a que le nationalisme tel qu'on l'a connu dans l'entre-deux guerres et le désastre qui en a suivi. Il n'y a pas si longtemps, le roi Albert II rappelait les dangers du nationalisme et voilà que le ministre-président wallon le revendique", a fait remarquer le député fédéral Olivier Destrebecq (MR).

Des déclarations "non seulement hasardeuses mais préjudiciables à la Wallonie elle-même", ont regretté les FDF dans un communiqué. "La Wallonie n'a rien à gagner de l'affirmation d'un nationalisme d'un autre temps".

Par contre, Rudy Demotte s'est trouvé un allié embarrassant en la personne du N-VA Geert Bourgeois qui -sur Twitter- a qualifié la vision de Rudy Demotte de "merveilleuse". 

 

Et franchement, un cadre influent des nationalistes flamands qui se trouve au moins un atome crochu avec un ténor socialiste wallon, c'est déjà un fait majeur de cette rentrée politique....

Avec Rudy Hermans

 

 

 

 
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