Rudy Demotte: "Le cdH tente d'inventer, au XXIe siècle, l'Immaculée Conception politique"

Rudy Demotte: "Le cdH tente d'inventer, au XXIe siècle, l'Immaculée Conception politique"
Rudy Demotte: "Le cdH tente d'inventer, au XXIe siècle, l'Immaculée Conception politique" - © DIRK WAEM - BELGA

Interrogé par L'Echo sur l'avenir de la Fédération Wallonie-Bruxelles ce samedi, son ministre-président Rudy Demotte a indiqué qu'il comptait adopter une attitude pragmatique et continuer à faire fonctionner le gouvernement "tant qu’il n’y a pas de solution alternative": "Je peux ne pas apprécier ce qu’a fait et dit le cdH; je peux même être en colère, a expliqué Rudy Demotte au quotidien.  Mais ce qui dépasse la colère, c’est l’intérêt que je porte aux services que rend cette institution, et qui touchent directement aux personnes. L’enseignement est fondamental pour le redressement de nos régions. J’ai donc l’intention d’adopter une attitude pragmatique. De continuer à avancer, partout où c’est possible, au-delà des rancœurs et de l’amertume". 

Quant à l'avenir des autres entités, il se dit perplexe: le plus simple serait que le cdH "revienne à la raison. Par l’opération du Saint-Esprit". Mais ajoute-t-il: "Je n’y crois pas trop, en bon agnostique".

"Une façon médiocre de faire de la politique"

Seule certitude selon lui: en 2019 il n'y aura plus de majorité PS-cdH.

C'est que le Tournaisien n'a toujours pas digéré le coup de poker de Benoît Lutgen: "Je suis très en colère sur cette façon médiocre du cdH de faire de la politique, a-t-il affirmé à l'Echo. Qui me rappelle le pire de la politique de village que j’ai connu dans mes jeunes années." Il parle ainsi de de "la duplicité" du cdH, qui "règne à tous les étages", et rappelle qu'"en 2014, lors de la mise en place des gouvernements, le cdH vomissait le MR, le vouait aux gémonies. Le grand sachem Benoît Lutgen avait annoncé urbi et orbi que le MR était un traître à la cause francophone, parce qu’il s’était allié avec le démon N-VA."

Le ministre-président s'étrangle d'ailleurs quand il entend le cdH se faire champion de la bonne gouvernance, alors qu'ils ont toutes les caractéristiques de la politique à l'ancienne selon lui. Et de citer l'exemple de l'enseignement, où les ministres humanistes se montrent incapables de transcender leurs positions, et se font systématiquement le relais du Secrétariat général de l’enseignement catholique: "En se posant comme champion de la gouvernance, le cdH tente d’inventer, au XXIe siècle, l’Immaculée Conception politique." 

Un socialiste réformiste, pas un "soft socialisme"


Lucide, Rudy Demotte est conscient de la nécessité de se réformer pour le Parti Socialiste: "Plusieurs décennies durant, on a vu à l’œuvre une sorte de ‘soft-socialisme’, très ouvert mais le nez sur le guidon, s’accommodant d’un certain nombre de choses. Bref, gestionnaire. Sans plus de part de rêve, d’enchantement et de volonté de réformes. Cette forme-là de socialisme est condamnée à l’évanescence."

Mais il se veut cependant optimiste, et garde confiance en Elio Di Rupo pour relever ce défi: "Un socialisme réformiste va trouver sa place dans les années qui viennent. Pas une social-démocratie un peu molle, ni un cryptocommunisme". Le Tournaisien semble pourtant reprendre certains des thèmes chers au PTB en matière de fiscalité: "Il faut avoir le courage de s’attaquer aux réels détenteurs de la richesse, immobilière et mobilière, afin d’œuvrer à une meilleure redistribution des richesses.

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