Rudy Demotte: "Je n'ai jamais voulu refuser des candidats-réfugiés"

Rudy Demotte
Rudy Demotte - © JOHN THYS - BELGA

La polémique date de début août. A l'époque, comme maintenant, l'afflux de demandeurs d'asile est très important. Le gouvernement pare au plus pressé et décide, contraint par les conventions internationales, d'ouvrir près de 2500 places d'accueil. Théo Francken, le secrétaire d'Etat N-VA, en charge de l'asile, téléphone alors à Paul-Olivier Delannois, le bourgmestre faisant fonction de Tournai. Il lui annonce que la caserne Saint-Jean à Tournai pourrait y accueillir plus de 700 réfugiés.

Le bourgmestre faisant fonction se montre très critique, expliquant notamment que cela risque de susciter un problème de racisme dans sa ville. Rudy Demotte, ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui est aussi le bourgmestre empêché de Tournai, réagit à son tour de son lieu de vacances... Un communiqué tombe.

Rudy Demotte y explique que Théo Francken, en voulant concentrer entre 400 et 700 réfugiés sur Tournai, va ghettoïser des poches entières de population au statut précaire. En tant que socialiste, dit-il, "je ne peux l'accepter". Et pour lui, des communes plus riches doivent faire des efforts plus conséquents pour accueillir ces candidats-réfugiés. Rudy Demotte est alors montré du doigt... Lui, le socialiste, ne veut pas accueillir de réfugiés dans sa ville.

Aujourd'hui, Rudy Demotte a réagi à tout ce qui s'est dit sur lui depuis deux semaines. L'homme se dit peiné et touché. Non, dit-il, il n'a pas eu une attitude Nimby ("Pas dans mon jardin"), comme l'avait exprimé à son égard Olivier Chastel, le président du MR.

"Cela ne correspond nullement à mes convictions, explique-t-il. Mais, je reconnais que le titre de mon communiqué pouvait le laisser croire. Ma préoccupation, en ce début août, rajoute le bourgmestre empêché de Tournai, était d'offrir dans un délai court un accueil digne et humain à des gens qui ont déjà souffert. Et, pour moi, il n'était pas acquis de pouvoir accueillir concrètement et convenablement 700 demandeurs d'asile à la caserne Saint-Jean".

La forme de son communiqué, explique-t-il encore, l'a emporté sur le fond. Et Rudy Demotte se dit choqué par les propos haineux et racistes que ce débat a suscités. Et il en tire une première leçon : aujourd'hui, il ne referait pas le même communiqué, les termes seraient différents. Dans une période prête à la polémique, tient à préciser Rudy Demotte, il faut toujours être attentif aux sentiments donnés.

Mais alors pourquoi un tel communiqué ?

Pour des petits jeux intra-tournaisiens entre Rudy Demotte, Paul-Olivier Delannois et Marie-Christine Marghem, ministre fédérale MR et échevine empêchée ? Non, dit-il. Même si certains en doutent. Et là, Rudy Demotte attaque Théo Francken. La méthode du secrétaire d'Etat, il la trouve unilatérale, brutale et sans concertation. Pour lui, le gouvernement Michel a agi dans l'improvisation. Et donc, explique-t-il, il se devait de réagir.

Et maintenant ?

Rudy Demotte ne connaît toujours pas avec précision le nombre de demandeurs d'asile qui viendront à Tournai. Cela se passera de façon progressive par tranches. Mais les premières personnes arriveront le 1er septembre. Outre des initiatives citoyennes, des mesures seront prises pour les aider au niveau de la ville, sur le plan social mais aussi culturel, sportif, de l'état-civil etc... Un échevin sera désigné spécialement pour superviser tout cela.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK