Rudy Demotte et la FWB: "On ne peut pas faire comme les flamands"

Ce dimanche, c’était au tour de Rudy Demotte, ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles d’être cuisiné par Sacha Daout, son équipe de chroniqueurs, et l’étudiante du jour.

De sa Fédération Wallonie-Bruxelles à l’Arabie Saoudite en passant par l’enseignement, la jeunesse ou encore Theo Francken, Rudy Demotte aura jonglé avec beaucoup de sujet lors de son passage dans l’émission A Votre Avis. Sans surprise, il a commencé par défendre sa Fédération Wallonie-Bruxelles. "On ne peut pas faire comme les flamands: quand on voit le poids de Bruxelles dans l’échiquier politique au niveau flamand, c’est clairement la Région qui a absorbé la communauté flamande. Chez nous, il y a environ un million de francophones à Bruxelles. Les équilibres doivent se faire autrement. Un des schémas qu’on avait développé avec Charles Picqué, qui a d’ailleurs donné le nom de Fédération Wallonie-Bruxelles, c’était de travailler sur une alternance des ministres-présidences entre les Francophones de Bruxelles et les Wallons. Je pense que ça a du sens. Nous voulions aussi jouer sur un certain nombre de doubles casquettes: ici on n’en a plus qu’une, qui est Jean-Claude Marcourt."

On a aujourd’hui une fédération qui ne doit pas s’écarter des entités régionales

Par rapport à la législature précédente, où il était à la fois président de la Région Wallonne et de la FWB, Rudy Demotte a affirmé que  "La collaboration entre les deux niveaux de pouvoir ce qui permet de jouer avec des acteurs qui peuvent être des deux côtés. C'est beaucoup plus pratique. Il faut reconnaître aussi que la Fédération nécessite beaucoup de travail. Quand on balance les deux arguments, précise-t-il, on a aujourd’hui une fédération qui ne doit pas s’écarter des entités régionales. Il y a quelque chose à faire pour remodeler un peu le jeu politique. Sous cette législature, on vient de prendre des leçons d’un certain nombre de choses qu’on ne peut pas refaire."

Préserver la pension des enseignants

Après avoir reconnu que l’enseignement est à la fois très efficace dans certains cas et très inégalitaire, Rudy Demotte s’est inquiété de la réforme des pensions qui risque de toucher les enseignants: "On décide de ne plus reconnaître aux enseignants la possibilité de valoriser les années durant lesquelles ils ont étudié… Le salaire différé, la pension, c’est une partie du statut des enseignants. Il est donc surprenant qu’aujourd’hui, on ne s’interroge pas sur l’érosion de ce statut. Les enseignants doivent encore jouir d’un statut spécial, parce qu’on voit qu’il y a beaucoup d’enseignants qui quittent la carrière, alors que dans d’autres cas on hésite à entrer dans la carrière. Si en plus, on dit ‘On vous invite à étudier, mais on gomme ces années d’étude’, ça va impacter l’attractivité du métier, et le montant de la pension."

Autre inquiétude pour les pensions du corps professoral, c’est la possibilité de supprimer le régime des tantièmes préférentiels (une année est plus valorisée pour la pension que dans d’autres métiers). Pour le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ce seraient encore des pertes sèches terribles en termes de pension.

Toujours sur le sujet de l’enseignement, Rudy Demotte a été interpellé par l’étudiante du jour, lui posant la question du rapport de plus en plus éloigné entre les jeunes et les médias. Pour l’homme politique socialiste, "L’éducation aux médias est un des défauts dans l’enseignement. Dans les fameux cours de citoyenneté, on a prévu une dimension par rapport à ça", a-t-il tout de même précisé. Quand on dit que les populismes ont de plus en plus de succès, c’est aussi parce qu’on n’a pas assez préparé à l’analyse critique."

Vendre des armes à l’Arabie Saoudite : stop ou encore?

C’est l’une des épines qui reste perpétuellement coincée dans les pieds des responsables politiques wallons: l’industrie d’armement et la vente à l’Arabie Saoudite. À ce sujet, Rudy Demotte a insisté: "Je suis celui qui a porté à l’intérieur de l’Organisation Internationale de la Francophonie le message qu'il ne fallait pas qu’une adhésion de l’Arabie soit prise en compte sans examen préalable au niveau des droits de l’Homme." Pas de complaisance avec ce gros client donc. Cependant, l’invité de Sacha Daout regrette "l’immense hypocrisie" sur le sujet de la vente d’armes: on a aujourd’hui des règles européennes qui sont asymétriques. Je suis pour que l’UE impose des règles pour tout le monde. Les armes de destruction, aujourd’hui, elles ne sont pas liées uniquement aux fusils et autres armes à feu. On a des composantes électroniques qui font énormément de mal, qui sont produites dans le nord du pays, et ça on n’en parle pas.

Un homme, un mandat ?

Forcément, un politique wallon ne peut pas échapper à la question en ce moment. Lorsque Sacha Daout a évoqué cette phrase, Rudy Demotte a expliqué être " de plus en plus convaincu qu’elle a du sens parce que, dans le contexte actuel, brouiller les cartes sur le plan démocratique, donner de l’espace à des gens qui ne veulent pas du bien à la démocratie, c’est mauvais. "

Quid de l’allocation universelle?

Ce que l'on peut conclure du passage de Rudy Demotte sur le plateau d’A Votre Avis est qu’il ne fait pas partie des partisans de cette allocation universelle. "c'est un principe destructeur des allocations actuelles. Le revenu de la sécu est un revenu d’assurance. On vous assure en cas de maladie ou de perte d’emploi. Je pense qu’il faut être ferme là-dessus, mais donner de l’argent pour ne rien faire, c’est une humiliation pour les travailleurs, c’est une humiliation pour tout un chacun, et je pense qu’il vaut mieux alors avoir des systèmes notamment où on travaille sur la réduction du temps de travail. Il faut aller capter la valeur ajoutée pour la redistribuer et diminuer le temps de travail. Ça c’est un combat socialiste."

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