Rudi Vervoort: "Un Publifin est impossible à Bruxelles"

Rudi Vervoort: « réduire le nombre des élus communaux et régionaux de 30% ».
Rudi Vervoort: « réduire le nombre des élus communaux et régionaux de 30% ». - © Tous droits réservés

En plein scandale Publifin, le thème de la bonne gouvernance politique s’impose comme une évidence. Et pas seulement en province de Liège. En région bruxelloise, le président Rudi Vervoort (PS)5 avance une série de propositions pour améliorer le fonctionnement de la Région et des communes. Et cela passera par la réduction du nombre des élus et la suppression du cumul des mandats. Lourde tâche.

Vu de Bruxelles, Publifin apparaît comme un moment difficile dans l’exercice de la démocratie. Pour Rudi Vervoort, le projet économique porté par les Liégeois –" tous partis confondus "-  à travers Nethys souffre d' "un problème de confusion".

"A travers la métamorphose de Tecteo en Nethys,  il y avait le but de créer un bras économique. Et cela a réussi, mais aussi le fait d’échapper aux mécanismes de contrôle des institutions wallonnes."

Il y a un lobby liégeois

Les Liégeois ont-ils voulu se mettre au-dessus de la Région? Le président de l'exécutif bruxelloise dit constater que "le Liégeois a un sens aigu de la solidarité au profit du redéploiement de sa province. II y a un lobby liégeois. Dans ce genre de situation il faut de la transparence car, de toute façon, en politique rien n’est pire que le mensonge".

A la veille d’un débat important au Parlement wallon sur la demande de démission du ministre Paul Furlan, Rudi Vervoort prend la défense de son collègue liégeois. "On ne peut pas tout savoir (le mandat chez Nethys occupé par son chef de cabinet adjoint). La meilleure méthode pour éviter ce type de situation serait de confier à la Cour de Comptes le contrôle de tous les collaborateurs qui occupent des mandats au nom du gouvernement pour les amener à les déclarer. Avec cela, nous arriverons à la transparence."

La porosité entre public et privé n’existe pas à Bruxelles

Mais, remarque le président de la Région bruxelloise, Nethys est un cas spécifique: "Nethys est aux confins du privé et du public. C’est là que se situe la frontière un peu poreuse". Pour Rudi Vervoort, impossible de rencontrer une telle structure à Bruxelles. Il prend en exemple Vivaqua présenté comme une intercommunale pure qui ne mélange pas le public et le privé. " Il y a les mandats exécutifs, comme le président, qui sont rémunérés mensuellement, et les administrateurs qui sont, à ma connaissance, payés sous forme de jetons de présence. La porosité public-privé n’existe pas à Bruxelles."

Demain : moins d’élus régionaux et communaux

Rudi Vervoort a lancé un vaste projet de réforme des institutions politiques bruxelloises. Une réforme actuellement en cours de validation par l’ULB et la VUB. Avec l’objectif annoncé de maintenir la stabilité de l’institution communale, le maintien des 19 communes et la garantie de majorités stables. Concrètement, le nombre des mandats communaux sera réduit de 30%. "Corrélativement le poste d’échevin va se professionnaliser. Il ne feront que cela. Et dès la législature suivante (ndlr : celle qui suivra les scrutins de 2018 et 2019) , le cumul des mandats communaux sera terminé." 

Bruxelles ne s’inspirera donc pas du système de décumul partiel avec calcul du ‘taux de pénétration' des 25% des élus les mieux placés. "Bruxelles est un corps électoral unique. Calculer un taux de pénétration comme on le fait en Wallonie serait impossible."

Le but de la réforme est d’amener les Bruxellois à voter, systématiquement en mai au niveau régional, et en octobre au niveau communal. Pour cela, il faudra  porter la durée de la législature communale à 5 ans au lieu de 6. Chaque candidat devra donc déterminer, dès le mois de mai, s’il se présente au scrutin régional ou communal.  Rudi Vervoort y voit ne nécessité de 

cohérence entre le communal et le régional. "Pour éviter des pertes de temps, tous les cinq ans, les Bruxellois voteront pour le régional puis pour le communal. Et pour le niveau communal on peut le décider aujourd’hui."

 Pas tout, pas tout de suite

Mais tout ne pourra pas se faire dès les prochaines élections."L’accord de majorité prévoit de stopper l’évolution du nombre des mandataires locaux. Et ce sera fait, mais je veux aller plus loin en réduisant le nombre des députés bruxellois, ce qui exige une loi spéciale. Il faut valider entre Bruxellois ce qui nous semble bon en gouvernance régionale et, ensuite, nous reviendrons avec notre cahier des charges.  Il y a trop de communaux et de régionaux" . En pratique le but est de faire disparaître les commissions communautaires et d'adapter les pratiques régionales, ce qui implique cette loi spéciale. Et donc de toucher à la réforme de l'Etat. Mais cette fois en douceur. Le cahier des charges évoqué par le président de la Région bruxelloise sera rédigé par les flamands et les francophones. et sera présenté comme la situation le permettra.  "Mais ce sera pour les élections de 2024 car tout réaliser dès 2018, serait trop tôt. Il faut faire passer ce type de réformes de manière plus douce, sans créer d’insécurité dans le chef des mandataires." Mais la date butoir pour le décumul total, y compris pour les élus régionaux, sera 2024. 

Pas d’OIP supplémentaire

D’autres réformes ne passeront pas. Et notamment la création d’OIP (organismes d’Intérêt Public) comme Bruxelles Patrimoine et Bruxelles Fiscalité qui ont suscité l’ire de l’opposition. Suite à un avis remis par le Conseil d’Etat, la région en reviendra aux structures plus classique de type ministère.

Cumuleo: et la vie privée dans tout ça ?

Mais la transparence à ses limites. Ainsi, Rudi Vervoort figure parmi les ministres qui n’ont pas répondu à la demande de Cumuleo  de fournir la liste des membres de son cabinet. "Je ne l'ai pas fait car il suffit de taper ‘cabinet Rudi Vervoort' sur Google pour obtenir toutes les informations. Cumuleo, c’est une seule personne qui compile des informations. Mais le site nous demande aussi d’envoyer les coordonnées des anciens membres des cabinets. Nous ne le ferons éventuellement qu’après avoir reçu l’avis de la Commission vie privée". Parmi les élus qui n'ont pas transmis la composition de leur cabinet depuis le début de la législature, il y a également Paul Furlan, comme le précise Cumuleo sur son site internet.

 

 

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