Rudi Vervoort sur le CNS : "La seule contrainte vérifiable, c'est le confinement, mais ça, c'est un scénario dont plus personne ne veut aujourd'hui"

L’invité de la matinale ce mercredi était Rudi Vervoort. Le ministre-président du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale est en quarantaine depuis quelques jours. L’essentiel de l’entretien a été consacré au Conseil national de sécurité (CNS) qui doit se dérouler plus tard dans la journée.

La journée est assez surprenante ce mercredi, les négociateurs politiques sont censés relancer leurs discussions pour retrouver de la confiance et surtout mettre de côté leurs chamailleries. Le compte à rebours continu de tourner et le Palais attend une réponse cet après-midi. Et pratiquement au même moment un Conseil national de sécurité est convoqué pour redéfinir des mesures sanitaires. Une réunion à laquelle participera Rudi Vervoort (à distance).

L’enjeu du Conseil national de sécurité est de retrouver l’adhésion de la population. Il y sera notamment question de la bulle sociale et de nos relations interpersonnelles. Mais est-ce que le ministre-président respecte cette bulle ? "J’ai le sentiment que oui", répond-il. En précisant qu’il ne passe pas son temps avec un boulier compteur.


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Lors du CNS, il serait question de remettre en cause cette notion de "bulle" pour la remplacer par un code couleur en fonction de l’endroit où l’on se situe. On se verra attribuer une couleur par zone, du vert jusqu’au rouge. Cette couleur déterminera les mesures sanitaires dans la Région, mais aussi le nombre de personnes que l’on peut côtoyer de manière rapprochée.

Est-ce que cela pourrait avoir pour conséquence de confiner les Bruxellois ? Pour Rudi Vervoort, c’est effectivement un des enjeux majeurs de ce CNS. Comment va-t-on aborder la réalité bruxelloise ? Bruxelles c’est d’abord une ville région. "Et si on regarde les chiffres des villes et pas des provinces, c’est clair que c’est dans les villes que le virus circule le plus". Et il donne l’exemple de la ville d’Anvers qui a le plus haut taux de contamination par 100.000 habitants, suivi de Bruxelles.

"Si on prend des mesures à l’échelle de la province, Anvers est sauvée par son hinterland provincial et dès lors ne serait pas soumise aux mêmes règles que Bruxelles qui ne bénéficie pas de cette réalité". Le ministre-président, rappelle aussi que Bruxelles est un bassin hospitalier important (30 à 35% de la patientèle à Bruxelles n’est pas bruxelloise). "Il faudra donc être attentif à ne pas pénaliser BruxellesOn sait bien que là où le virus circule le mieux, c’est là où vous avez un taux d’habitants au km2 qui est le plus important".

Le périmètre des zones de couleur

Alors que le CNS doit débuter d’une minute à l’autre, que sait-on du périmètre des zones de couleur ? Sera-t-il organisé par province, par commune, par arrondissement ? Rudi Vervoort souligne qu’il faudra trouver un équilibre pour faire en sorte qu’il n’y ait pas de discrimination entre les uns et les autres. "Sachant aussi que la Belgique est un petit pays et donc imaginer que l’on va pouvoir aller à des mesures… microscopiques, je pense que c’est une illusion. Le virus ne connaît pas les frontières linguistiques et administratives". L’homme rappelle que nous avons tous une responsabilité individuelle dans la gestion de cette crise et que les solutions apportées lors du CNS seront des "guides" pour nous permettre d’adapter nos comportements en fonction de la vitesse de circulation du virus.

Suppression de la bulle ?

N’est-il pas dangereux d’uniquement miser sur le civisme de chacun ? L’invité de la matinale, Rudi Vervoort rappelle que l’on a toujours fait appel à la responsabilité de chacun et que l’on continuera à le faire. Quant à la notion de bulle ? "La notion en tant que telle sera certainement supprimée, mais elle sera remplacée par autre chose. Dans le système de couleur, il y aura une gradation… De toute façon, le caractère contraint a ses limites. La seule contrainte vérifiable, c’est le confinement, mais ça, c’est un scénario dont plus personne ne veut aujourd’hui".

Les universités

Une réunion était organisée ce lundi avec les différents bourgmestres de la Région bruxelloise pour évaluer la question sanitaire. Les chiffres dans la capitale interpellent, notamment dans les universités où les étudiants viennent d’un peu partout. Y a-t-il un risque que les universités basculent vers un autre code ? Le code orange qui implique plus de cours à distance ? Rudi Vervoort explique que ce n’est pas l’option choisie lors de cette réunion avec des experts. "Pour l’instant, l’option qui a été prise c’est de rappeler les règles actuelles et de ne pas passer en code orange".

Le secteur évènementiel

Le secteur évènementiel est un secteur important dans la capitale. Aujourd’hui, il serait question d’abandonner les nombres (100, 200, etc…) et de passer à des protocoles à respecter. Chaque bâtiment aura le sien et il sera lié au code couleur en cours dans la région. Est-ce bien vers cela que l’on se dirige pour donner de l’oxygène au secteur ? S’il faut effectivement donner de l’oxygène au secteur, le ministre-président souligne aussi qu’il ne faut surtout pas du jour au lendemain remplacer le système actuel par un nouveau. "Je pense qu’il va falloir maintenant se donner un peu de temps pour la mise en œuvre des mesures qui seront implémentées suite aux décisions prises aujourd’hui (lors du CNS), mais se dire que c’est dimanche ou lundi que l’on va les appliquer". L’objectif, insiste Rudi Vervoort, c’est de relancer les activités et de ne pas donner un nouveau coup d’arrêt.

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