Rudi Vervoort: "Je dois le reconnaître, j'ai commis une faute"

Rudi Vervoort est l'invité de Jeudi en prime
Rudi Vervoort est l'invité de Jeudi en prime - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Il a passé deux journées mouvementées, le ministre-président bruxellois. Tout démarre d’une phrase dans une interview au journal l'Echo mercredi : "Les nazis aussi retiraient leur nationalité aux juifs allemands". S’en suit alors un tollé. Dans Jeudi en prime, 24 heures plus tard, Rudi Vervoort a reconnu avoir commis une faute en comparant l’incomparable. Mais il n’a pas pensé démissionner.

Dès le début de l’interview, Rudi Vervoort reconnaît ses torts. "J'ai commis une faute en tenant ces propos (…) en politique, on peut esquiver mais je pense plutôt qu’il faut se rendre compte de l’emballement qui a suivi et faire sa propre autocritique".

Le ministre-président bruxellois le dit, il a mis en perspective des éléments qui ne peuvent pas l’être. "Evidemment qu'on ne compare pas un djihadiste et un juif innocent." Mais il ajoute : "Mon but était de montrer que quand une démocratie vit une période difficile, elle doit lutter avec ses armes et pas avec des mesures d’exception."

Mais alors pourquoi cette communication hasardeuse hier, avec deux communiqués de presse dans la journée ? Rudi Vervoort répond qu'il n'avait d'abord pas mesuré "l'émotion qui allait s'amplifier".

Lutte contre le terrorisme : la vision du PS

La déchéance de la nationalité pour les binationaux est l’un des axes du gouvernement fédéral pour lutter contre le terrorisme et le radicalisme. Elle existe déjà dans certains cas, "mais uniquement pour ceux qui sont naturalisés, pas pour ceux qui sont nés ici, ce qui est maintenant envisagé", regrette Rudi Vervoort.

Cette mesure n’a pas sa préférence, c’est certain. Mais le PS, de son côté, ne fait-il pas preuve de candeur dans sa vision de l’immigration ? Rudi Vervoort répond que quand on mène une politique de lutte contre le terrorisme, il faut d’abord miser sur la prévention. "Et puis si les jeunes partent et s’ils posent des actes terroristes, alors évidemment qu’ils doivent être sanctionnés", ajoute-t-il. Il précise aussi que le gouvernement bruxellois a aussi développé et présenté un plan de lutte contre la radicalisation.

Islam : manque d’interlocuteurs en Belgique

L’interview a aussi porté sur l’islam en Belgique et le peu de mosquées officiellement reconnues. Rudi Vervoort a rappelé que le contrôle se faisait uniquement sur le financement des mosquées et pas sur ce qu’il s’y passait. "Mais nous manquons de représentants [dans la communauté musulmane] qui soient reconnus par l’ensemble de la communauté. Beaucoup de malentendus naissent de cette absence de dialogue."

Démission ?

Le thème de la lutte contre le terrorisme lui colle désormais à la peau. Sans qu'il l'ait vraiment voulu. Rudi Vervoort reconnaît que ces deux derniers jours ont été éprouvants. Mais il nie s’être fait taper sur les doigts par les instances dirigeantes de son parti et dit ne pas avoir pensé à démissionner. "C'est une chose à laquelle on ne pense pas. Quand une journée est aussi intense, on n'a pas le temps de se regarder le nombril."

F. Collienne

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