Rudi Vervoort: "Bruxelles est une réserve d'emplois pour la Flandre"

Le gouvernement bruxellois a présenté ce mardi sa Stratégie 2025 pour la Région. Mesures pour l’emploi, l’enseignement… Rudi Vervoort, PS, ministre-président, était l’invité de Matin Première ce mercredi pour en parler.

Pourquoi sortir une telle stratégie maintenant ? "La sixième réforme de l’Etat impose aux Régions de prendre à bras-le-corps leurs défis : Bruxelles est l’une des régions les plus riches d’Europe mais avec une population qui vit beaucoup plus difficilement et un taux de chômage élevé", répond Rudi Vervoort.

Mais qu’y a-t-il de neuf par rapport aux plans, par exemple, établis sous Charles Picqué ? "Ici l’objectif était d’élargir le partenariat intra-bruxellois, avec les partenaires sociaux, et aussi que Bruxelles sorte de son carcan, s’ouvre aux Communautés, à la Flandre, à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Parce que sans l’enseignement, sans la culture, on n’y arrivera pas non plus".

Bruxelles, réserve d'emplois pour la Flandre

La Flandre se serait-elle donc ouverte à la possibilité d’une Région bruxelloise à part entière ? "La Flandre a pris conscience qu’il faut désenclaver Bruxelles car ce sera sa réserve d’emplois dans quelques années. Et ensuite, la réforme de l’Etat a défini des Régions pleines et entières, ce qui n’était pas évident pour la Flandre…"

Cependant, si la Flandre a été impliqué dans la réalisation de cette Stratégie, le ministre-président flamand, Geert Bourgeois (N-VA) n’a pas fait le déplacement pour la signature. C’est Sven Gatz, le ministre en charge de Bruxelles qui était présent. Mais le ministre-président bruxellois veut y croire : "Il y a encore du chemin à parcourir. Et avec la N-VA c’est encore un peu plus difficile. Ceci dit il y a quelques années, on n’imaginait pas ça : des réunions entre Geert Bourgeois et moi pour discuter emploi. Moi je parie sur le pragmatisme des hommes politiques, surtout poussés par les milieux économiques…"

Parmi les mesures prévues dans la Stratégie bruxelloise : une amélioration de la mobilité entre Régions. "Nos Bruxellois ont besoin de trouver des emplois, explique Rudi Vervoort. Et pour une partie des demandeurs d’emploi peu ou pas qualifiés, il y a du travail en Flandre et en Brabant wallon. Il faut leur donner le moyen de sortir, d’où la problématique de la mobilité. Le tram qui s’arrête à l’Otan par exemple, un kilomètre plus loin il est à l’aéroport…"

Des écoles en immersion en néerlandais

Autre objectif : des écoles en immersion en néerlandais. "Le problème à Bruxelles, c’est la coexsitence des deux réseaux. Beaucoup de parents francophone ont inscrit leurs enfants dans le réseau néerlandophone. Aujourd’hui nous voulons une offre plus importante d’immersion en néerlandais et de meilleure qualité, avec des professeurs néerlandophones natifs".

Mais finalement, cette Stratégie 2025, n’est-ce pas un beau catalogue d’intentions, sans ambition chiffréé ? Le ministre-président socialiste s’en défend : "Ici il y a une logique plus transversale. On vise une réforme de la gouvernance bruxelloise. Et il y a aussi toute une série de mesures pour l’enseignement. Pour l’emploi, les grands enjeux ce sont les groupes cible : comment réorienter les moyens vers les Bruxellois ? La définition des objectifs, on va les valider avec les partenaires sociaux".

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