Robert Vertenueil (FGTB): "Quand le gouvernement remet en cause un contre-pouvoir, il sape la démocratie"

Pour Robert Verteneuil, le service minimum sert à mettre des bâtons dans les roues de l'action syndicale
Pour Robert Verteneuil, le service minimum sert à mettre des bâtons dans les roues de l'action syndicale - © RTBF

Robert Vertenueil, le président de la FGTB, était l'invité de Matin Première ce vendredi suite à la grève menée sur le rail depuis jeudi soir.

Le service minimum est assuré, a annoncé ce vendredi matin la SNCB. Mais pour Robert Vertenueil, l'essentiel n'est pas là. "Ce qui m’inquiète, c’est que l’on parle beaucoup de cette question qui est de savoir si le service minimum fonctionne, mais personne ne se pose la question de savoir pourquoi il y a grève", déplore le syndicaliste. Pour lui, le service minimum sert à mettre des bâtons dans les roues de l'action syndicale : "Est-ce qu’on croit un seul instant que dans les prisons, les chemins de fer, quand on parle de service minimum, ceux qui veulent le mettre en place le font pour le bien-être des citoyens? Absolument pas. Ce qui est visé, c’est de casser du syndicat". 

Pour Robert Vertenueil, le gouvernement ne supporte pas l'opposition et fait "tout pour faire en sorte que nous ne puissions plus réagir". Il affirme même que l'équipe de Charles Michel "sape la démocratie", après avoir notamment rappelé l'arrestation administrative des journalistes de la RTBF à Steenokkerzeel. "Quand on remet en cause un contre-pouvoir dans une démocratie, on est en train de saper cette démocratie, dénonce le président de la FGTB. Quand il s’attaque aux libertés syndicales, qu’il essaye de réduire notre capacité de fonctionnement, il s’attaque à une partie des fondamentaux de notre démocratie".

On va voir de quel côté de la table se trouvent les gentlemans

Le gouvernement demande aux syndicats de revoir le "Gentlemenan's Agreement", un accord datant de 2002 entre patrons et syndicats qui définit les bonnes règles de la concertation sociale. Le gouvernement veut un cadre plus strict, mais Robert Vertenueil entend bien faire valoir les demandes des organisations syndicales. "On va voir de quel côté de la table se trouvent les gentlemans, lance-t-il. On  va ouvrir le débat mais en écoutant aussi ce que nous avons à mettre sur la table. Je veux bien qu’on parle du "Gentleman's Agreement", mais on va parler de tout". Le syndicat souhaite notamment renforcer la position des délégués ou encore discuter de la concertation dans les PME.

Des actions possibles en septembre

Enfin, le président de la FGTB est revenu sur le débat de la pénibilité des métiers dans le cadre de la réforme des pensions. Le gouvernement veut faire passer cette réforme avant la fin de la législature, mais Robert Vertenueil ne l'entend pas de cette oreille. Il laisse entendre que des actions syndicales pourraient prendre forme en septembre en cas de passage en force du gouvernement. "C’est le gouvernement qui a la clé de la paix sociale, estime le syndicaliste. S’il ne nous écoute pas (car on a des propositions pour le problème de la pénibilité), les organisations syndicales vont s’organiser pour réagir. Et comme le rendez-vous c’est septembre, nous allons voir ce qu’il se passera en septembre". 

 

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